ACTE V, SCÈNE y lu. iS
LE MARQUIS h^à à la marquise.
Il n'est question que de bannissement , soumettons-nous, pour ne point empirer notre sort.
LA MARQUISE
La colère et la rage dévorent mon cœur j la crainte d'un mal plus grand m^empcche seule de leur donner passage.
LE COMMANDANT
Allons, partez.
LA MARQUISE
Songez , monsieur le commandant, et rappelez au prince quel sang coule dans mes veines ; sachez que la parenté nous unit, et qu'il blesse son propre honneur dans le mien.
LE COMMANDANT
C'est vous qui auriez du y songer. — Allez , — on a déjà fait valoir dans votre intérêt celte parenté dont il n'est question que depuis peu de temps.
LE COMTE
Monsieur, vous confondez avec cette canaille un homme accoutumé à recevoir partout les plus honorables traitemens^
LE COMMANDANT
Obéissez.
LE €aMTE.
Cela m'est impossible.
i52 LE GBAND-COPHTE.
LE COMMANDANT
On VOUS l'apprendra.
LE COMTE
Un voyageur qui, sur son passage, répand parlout ses bienfaits.
LE COMMANDANT
C'est ce qu'on verra bientôt.
LE COMTE
Auquel on devrait élever un temple comme à une divinité protectrice.
LE COMMANDANT
Cela pourra bien arriver.
LE COMTE
Qui a prouvé qu'il était Grand-Cophte.
LE COMMANDANT
Par quel moyen ?
LE COMTE
Par des miracles.
LE COMMANDANT
Donnez de nouveau cette preuve ; appelez vos génies , et faites-vous délivrer.
LE COMTE
Je ne vous estime point assez pour déployer à vos yeux ma puissance.