‹ Œuvres dramatiques de J.W. GoetheChapitre 145 sur 221 · ACTE I, SCÈNE V. l■J · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE V. l■J

conseillers naturels , qui, par leur union avec lui, devraient protéger le royaume et le rendre heureux. Oh î plût au ciel cjue la discorde au visage feint, à la démarche sourde, ne se glissât jamais dans les liautes régions j parmi les conseils de ces chefs. Noble nièce, je te donne un père par ma parole toute puissante et royale : conserve-moi , gagne-moi le cœur et la voix de celui qui te tient de si près. Un prince a beaucoup de contradicteurs, ne le laisse pas renforcer ce parti.

Le duc.

De quel reproche tu affliges mon cœur !

EUGÉNIE

Tes paroles sont incompréhensibles pour moi*

LE ROL

N'apprends pas à les comprendre trop tôt : je t'ouvre de ma propre main les portes de ma maison royale ; je t'amène sur des pavés de marbre poli ; tu. admires tout encore, et tu ne présages dans l'intérieur qu'une dignité tranquille, et le bonheur. Tu trouveras autre chose. Oui, tu es venue dans un temsoùton roi, lorsqu'il célébrera le jour qui lui donna la vie, ne t'appellera pas à une fête sans nuage. Cependant ce jour me sera agréable à causq. de toi; je te verrai en public, au milieu d'un cercle, et tous les yeux seront fixés sur toi. La nature t'a donné la parure la plus belle ; laisse à ton roi et à ton père le soin d'ornemens qui soient dignes d'une princesse.

Les cris inarticules du saisissement , tous les gestes les plus expressifs pourraient- ils peindre la joie dont tu viens d'inonder mon cœur? Seigneur^ permets-moi de me mettre à tes pieds sans pouvoir rien t'exprimer.

(Elle reat s'agenouiller,) LE ROI larelenanU

Tu ne dois pas plier le genou.

EUGÉNIE

All! laisse-moi jouir du bonheur d'un abandon parfait. Lorsque^ dans des momens rapides et pleins d'enthousiasme j nous nous redressons en nous affermissant sur nous-mêmes comme sur notre propre soutien , gais et pleins de confiance , alors la terre et le ciel semblent nous appartenir. Cependant, ce qui fait ployer les genoux dans un moment de ravissement, est aussi un sentiment doux^ on exprime mieux ,' dans cette position , ce qu'on peut offrir en pur sacrifice de gratitude et d'amour à son père ^ à son roi , à son Dieu.

( Elle tombe aux genoux du roi. ) L E DU G. ( Il se met aussi à genoux. )

Permets-moi de te renouveler mes hommages.

EUGÉNIE

Reçois-nous pour tes vassaux à jamais.

LE ROL

1{ elcvcz-vous , et placez-vous près de moi dans le

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