ACTE IV, SCENE II
EUGÉNIE
Le sol chéri de la patrie.
LE CONSEILLER
Par un seul mot tu demandes beaucoup.
EUGÉNIE
Ce seul mot contient tout mon bonheur.
LE CONSEILLER
Qui pourrait en détruire le charme?
EUGÉNIE
Le charme plus puissant de la vertu.
Il est difficile de résister à une force supérieure.
EUGÉNIE
Cette force n'est pas toute puissante. Certainement la connaissance de ces formes, obligatoires pour les supérieurs comme pour les inférieurs , doit te fournir quelque moyen. Tu souris! est-il possible? l'auraistu trouvé? Dis-le-moi.
LE CONSEILLER
A quoi sert- il, mon amie, de parler de possibilités ? Presque tout semble possible à nos vœux ; mais beaucoup de choses, au dedans comme au dehors de nous, s'opposent à ce que nous voudrions faire, et le rend impossible. Je ne puis parler, laisse-moi.
aSo LÀ FIUJE NATURELLE.
EUGÉNIE
Me tromperais-je? Eh bien , je ne veux donner que pour un instant un faible et douteux essor à mon imagination. Offre-moi du moins un mal pour mettre à la place de l'autre ; je suis sauvée si j'en ai seulement le choix. ,
LE CONSEILLER
11 y a un moyen de te conserver dans ta patrie ; il est sûr, et a semblé doux à plusieurs^ c'est un titre à la faveur de Dieu et des hommes. Des forces saintes doivent le faire triompher de tous les caprices j il procure le bonheur et la tranquillité à tous ceux qui le connaissent et qui savent en jouir ; nous lui devons de pouvoir jouir des biens de la terre, et réaliser les tableaux flatteurs que l'imagination se fait de l'avenir. Le ciel l'a donné à tous les hommes : pour l'obtenir il faut du hasard, de Taudace , un désir ardent de l'obtenir.
Quel paradis me présentes-tu dans ces énigmes/
LE CONSEILLER
Le bonheur divin que se procure sur la terre celui qui se le crée à lui-même.
EUGÉNIE
La réflexion ne m'aide point, je m'y perds.
LE CONSEILLER
Si tu ne devines pas , c'est qu'il est loin de toâ.