‹ Œuvres dramatiques de J.W. GoetheChapitre 196 sur 221 · LES PRÉCÉDENS, LA GOUVERNAIS TE · texte numérisé non relu

LES PRÉCÉDENS, LA GOUVERNAIS TE

LA GOUVERNANTE

La flotte va profiter du vent favorable ^ les voiles s'enflent 5 tout s'apprête. Ceux qui se séparent s'embrassent en pleurant, et l'on voit plus d'un mouchoir blanc , des vaisseaux et du rivage, envoyer le dernier adieu. Notre navire aussi lèvera bientôt l'ancre ; viens, un baiser d'adieu ne nous retiendra pas ^ nous partons sans que personne pleure notre départ.

LE CONSEILLER

Les amis que vous laisserez ici vous pleureront avec une douleur amère, et étendront les bras pour vous retenir. Ce que vous dédaignez maintenant sera demain peut-être un bien perdu , digne de vos regrets, {à Eugénie) H y a peu d'instans que dans mon ravissement je te nommai la bien- venue ; un dernier, un éternel adieu va-t-il donc sceller notre séparation ?

LA GOUVERNANTE

Je comprends le résultat de votre entrelien,

LE CONSEILLER

Tu me vois prêt à former un indissoluble lien. Goethe. I. ly

a55 LA FILLE NÂTURLLE.

LA GOUVERNANTE

Et comment reconnais - tu une offre si généreuse ?

EUGÉNIE

Par la plus pure reconnaissance de mon cœur.

LA GOUVERNANTE

Mais sans désir d'accepter cette main ?

Elle ne demande qu'à vous secourir.

EUGÉNIE

La chose la plus proche est souvent la moins saisissable.

LA GOUVERNANTE

Bientôt, hélas! nous ne serons que trop loin de tout espoir de salut.

LE CONSEILLER

As-tu songé à ce terrible avenir?

EUGÉNIE

Même au dernier de tous , à la mort.

LA GOUVERNANTE

Tu refuses donc la vie qu'on t'offre ?

LE CONSEILLER

Et les fêtes d'une alliance qui pourra l'embellir.

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