‹ Œuvres dramatiques de J.W. GoetheChapitre 20 sur 221 · L'ESPRIT · texte numérisé non relu

L'ESPRIT

Qui galoppe si tard par la nuit et le vent ?

C'est le père avec son enfant.

Il tient le jeune enfant renversé sur son sein ,

Il le tient ferme par la main.

Mon fils , pourquoi cacher ta tête dans tes bras? —

Mon père, ici ne vois -tu pas L'Esprit , et sa couronne, et sa queue , et son dard? —

Mon fils , c'est un léger brouillard. —

« Accours, aimable enfant, accours, viens avec moi , )) Viens, j'ai maint plaisant jeu pour toi;

Au bord des flots grondans je connais maint trésor, » Et ma mère a maint habit d'or. »

O mon père, 6 mon père ! — Eh bien? - — N'/entends-lu pas

Ce que l'Esprit me dit tout bas ? — Va , ne redoute rien , calme- toi , mon enfant:

C'est la fouille qui tremble au vent. —

(c Si tu viens avec moi , mes filles , beau garçon .. )) T'apprendront plus d'une chanson j

l56 NOTICE

» Mes filles dont la voix à la danse conduit » Le cliocur des follets de la nuit. )>

O mon père , ô mon père ! — Eh bien ? — Ne vois- tu point

Les filles de l'Esprit , bien loin ? — Oui, mon fils, oui , mon fils , je vois ce que tu dis :

De loin les vieux saules sont gris. )>

((Tu m'as plu, je voulais t'emmener de ban gré:

» RebeUe , je t'entraînerai. »

O mon père, ô mon père, il s'élance, il me prend....

L'Esprit m'a fait un mal bien grand ! —

Le père ne dit mot : il galoppc et frémit ,

Embrasse l'enfant qui gémit, Arrive , de cheval descend avec transport.

Dans ses bras Tcnfant était mort.

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