L'ESPRIT
Qui galoppe si tard par la nuit et le vent ?
C'est le père avec son enfant.
Il tient le jeune enfant renversé sur son sein ,
Il le tient ferme par la main.
Mon fils , pourquoi cacher ta tête dans tes bras? —
Mon père, ici ne vois -tu pas L'Esprit , et sa couronne, et sa queue , et son dard? —
Mon fils , c'est un léger brouillard. —
« Accours, aimable enfant, accours, viens avec moi , )) Viens, j'ai maint plaisant jeu pour toi;
Au bord des flots grondans je connais maint trésor, » Et ma mère a maint habit d'or. »
O mon père, 6 mon père ! — Eh bien? - — N'/entends-lu pas
Ce que l'Esprit me dit tout bas ? — Va , ne redoute rien , calme- toi , mon enfant:
C'est la fouille qui tremble au vent. —
(c Si tu viens avec moi , mes filles , beau garçon .. )) T'apprendront plus d'une chanson j
l56 NOTICE
» Mes filles dont la voix à la danse conduit » Le cliocur des follets de la nuit. )>
O mon père , ô mon père ! — Eh bien ? — Ne vois- tu point
Les filles de l'Esprit , bien loin ? — Oui, mon fils, oui , mon fils , je vois ce que tu dis :
De loin les vieux saules sont gris. )>
((Tu m'as plu, je voulais t'emmener de ban gré:
» RebeUe , je t'entraînerai. »
O mon père, ô mon père, il s'élance, il me prend....
L'Esprit m'a fait un mal bien grand ! —
Le père ne dit mot : il galoppc et frémit ,
Embrasse l'enfant qui gémit, Arrive , de cheval descend avec transport.
Dans ses bras Tcnfant était mort.