‹ Œuvres dramatiques de J.W. GoetheChapitre 21 sur 221 · LA MEUNIÈRE ET LE JEUNE GENTILHOMME · texte numérisé non relu

LA MEUNIÈRE ET LE JEUNE GENTILHOMME

LE GENTILHOMME

Belle meunière , Loin du moulin , Sur ce chemin Que vas-tu faire ?

Holà ! dis -moi , Dis-moi pourquoi Tu vas seulcttc Sur ce clicniin.

Ton nom ?

LA MEUMinr.

Lisette.

LE GENTILHOMME

Mais, foTirclie en main, Belle meunière, Où vas-tu donc ?

LA MEUNIÈRE

Chez mon vieux père, Dans sa chaumière , Sur le gazon De mon vieux père,

LE . GENTILHOMME

Et seule ainsi Tu t'aventures ?

LA MEUNIÈRE

Je viens ici Cueillir les mûres De son jardin, Et , fourche en main , Tout d'une traite , Faner son foin.

LE GENTILHOMME

Là, n'est-il point Quelque retraite Calme et secrète ?

LA MEUNIÈRE

Près de ces lieux J'en connais deux.

KOTICE

I/E GENTILHOMME

Il y fait fombre.

Viens j fuyoiis-y L'ardent midi , Cherchons-y l'ombre.

D'épais ormeaux , De fraîches eaux ^ Dans ce bocage Tout nous envase Au doux repos.

l-Jl MEUNTÈRF.

Et les propos De mon Tillafje ?

LE GENTILIîaM.ME.

Viens sur mon cœur, Femme jolie.

Je le supplie

LA MELnSirRE.

Nenni , monsieur.

Si la meunière Se laisse faire , Jusqu'à complaire A son Seip;neur , Adieu l'honneur Et le bonheur !

Pour une fiilc De mon état , Votre habit briHc

SUR GOETHE. i5q

De trop d'éclat.

Ce grand bagage Nuit au plaisir , .

Et vous blanchir Serait dommage.

A la maison J*aime un garçon De beau visage.

Hiver, été, Quand je l'embrasse , Il n'a , Dieu grâce , Rien à gâter.

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