‹ Œuvres dramatiques de J.W. GoetheChapitre 22 sur 221 · LE JEUNE GARÇON ET LE RUISSEAU DU MOULIN · texte numérisé non relu

LE JEUNE GARÇON ET LE RUISSEAU DU MOULIN

liE JEUNE GARÇON.

Ou ton onde , petit ruisseau ,

Court-elle ?

La plaine où gazouille ton eau

Est belle.

Pourquoi courir vers ces vallons ?

Ecoute ma voix , et réponds.

LE RUISSEAU

Oui , j'étais un petit ruisseau

Naguère.

Mais leur digue obligeant cette eau

A faire Une chute sur le moulin , Je suis rapide et toujours plein.

So NOTICE

s LE JEins'E GARÇON.

Et pendant que ta course ainsi

S'allonge , Tu ne sais rien de ce qu'ici

Je songe.

La belle meunière par fois Te regarde ? hélas ! tu la vois ?

LE RUISSEAU

Dès que l'aube blancliit les cieux ,

La blonde Sort , et vient tremper ses cheveux.

Dans l'onde.

Son beau sein touche à peine au flot , Qu'il bouillonne et fume aussitôt.

LE JEUNE GARÇON

Si l'eau brûle de pareils feux

Pour elle , La chair serait- elle à ses yeux

Rebelle ?

Lorsqu'une fois on les a vus , Loin d'eux , hélas ! on ne vit plus.

LE RUISSEAU

Cette eau qui frappe jour et nuit

La roue, Et dans ses ailes avec bruit

Se joue , A l'heure où la meunière sort Court plus vile, et frappe plus fort.

LE JEUNE GARÇON

Comme nous tu sens la douleur

Cruelle , Car on ne fuit qu'avec douleur

Loin d'elle.

S on regard ne te fait-il pas Reculer souvent sur tes pas ?

LE RUISSEAU

Las ! à quitter ce lieu cîiarmant

J'ai peine. Ici mon flot si doucement

Se traîne !

Que j'en aie un jour le pouvoir , Alors je reviendrai le voir.

LE JEUNE GARÇON

Va, compagnon de mon amour, »

Peut-être Verrons-nous chacun notre jour

Paraître.

Dis-lui sans cesse et dès l'instant Ce que d'elle mon cœur attend.

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