ACTE II, SCÈNE î
pas encore demandé le déjeuner. Il me semble qu'elle lie s'est endormie qu'après que vous vous êtes éclia[)pé ce matin de cJiez elle.
LE MARQUIS
Impertinent! silence!
^ LAFLEUR
Entre nous je peux bien être vrai.
LE MARQUIS
Si un pareil mot t'échappait en présence de ma femme !
LAFLEUR
Croyez-vous donc que je ne sois pas maître de ma langue ?
LE MARQUIS
Il est impossible à la marquise de rien soup- 'conner. Elle regarde notre nièce comme une enfant : depuis trois ans elles ne se sont point vues; cependant je crains que si elle considère cette enfant....
LAFLEUR
Tout irait bien si elle n'avoit pas la connaissance de ce vieux sorcier^ que je redoute si fort. C'est un prodige! il sait tout; ses génies lui rapportent tout. Mais comment est - il entré dans la maison du clianoine? si ce magicien a découvert un important secret, son valet devrait déjà l'avoir divulgué.
3o LE GRAND-COPHTE.
LE MARQUIS
Autant que je puis savoir, il n'est pas le plus grand ami de ma femme.
LAFLEUR
Alil il s'occupe de tout^ et quand il interroge ses génies, rien ne lui demeure caché.
LE MARQUIS
Tout ce qu'on racante de lui serait-il vrai?
LAFLEUR
Nul n'en doute. Seulement les prodiges que je connais positivement....
LE MARQUIS
C'est extraordinaire! — Mais j'entends une voiture^ cours voir ce que c'est. {^Lafleur sort,") Si ma femme venait à découvrir mes liaisons avec ma jolie nièce î — Et pourtant cela arriverait au premier moment. Si elle vient à bout de son plan, si elle parvient à me dommer, alors elle ne me laissera pas faire ce que je projette. — C'est elle-même î