‹ Œuvres dramatiques de J.W. GoetheChapitre 48 sur 221 · ACTE II, SCÈNE î · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE î

pas encore demandé le déjeuner. Il me semble qu'elle lie s'est endormie qu'après que vous vous êtes éclia[)pé ce matin de cJiez elle.

LE MARQUIS

Impertinent! silence!

^ LAFLEUR

Entre nous je peux bien être vrai.

LE MARQUIS

Si un pareil mot t'échappait en présence de ma femme !

LAFLEUR

Croyez-vous donc que je ne sois pas maître de ma langue ?

LE MARQUIS

Il est impossible à la marquise de rien soup- 'conner. Elle regarde notre nièce comme une enfant : depuis trois ans elles ne se sont point vues; cependant je crains que si elle considère cette enfant....

LAFLEUR

Tout irait bien si elle n'avoit pas la connaissance de ce vieux sorcier^ que je redoute si fort. C'est un prodige! il sait tout; ses génies lui rapportent tout. Mais comment est - il entré dans la maison du clianoine? si ce magicien a découvert un important secret, son valet devrait déjà l'avoir divulgué.

3o LE GRAND-COPHTE.

LE MARQUIS

Autant que je puis savoir, il n'est pas le plus grand ami de ma femme.

LAFLEUR

Alil il s'occupe de tout^ et quand il interroge ses génies, rien ne lui demeure caché.

LE MARQUIS

Tout ce qu'on racante de lui serait-il vrai?

LAFLEUR

Nul n'en doute. Seulement les prodiges que je connais positivement....

LE MARQUIS

C'est extraordinaire! — Mais j'entends une voiture^ cours voir ce que c'est. {^Lafleur sort,") Si ma femme venait à découvrir mes liaisons avec ma jolie nièce î — Et pourtant cela arriverait au premier moment. Si elle vient à bout de son plan, si elle parvient à me dommer, alors elle ne me laissera pas faire ce que je projette. — C'est elle-même î

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