ACTE m, SCÈNE V
tes apprentis : tu leur donnes l'espe'rancc que les obstacles qui se présentent à l'homme de bien ne sont pas insurmontables , qu'il est possible non seulement de se connaître, mais de se rendre meilleur, qu'il est possible non seulement de reconnaître les droits de l'homme , mais de les faire valoir , et , en travaillant pour les autres, de recueillir pour soimême la plus belle récompense.
LE COMTE au chanoine , qui n'a pu jusqu'alors demeurer tranquille sur son siège.
Que dites- vous de cette profession de foi du che-^ valier V
LE CHANOINE souriant.
Qu'elle vient d'un apprenti et non pas d'un compagnon.
LE CHEVALIER
Gomment ?
LE CHANOINE
Il ne faut point l'interroger j il faut l'instruire,
LE CHEVALIER
De quoi ?
LE CHANOINE
Dites la devise du premier grade.
LE CHEVALIER
« Fais pour les hommes ce que tu veux qu'ils fassent pour toi. »
LE CHANOINE
Apprends donc maintenant la devise du second grade :
(( Ce que tu veux que les autres fassent pour toi, ne le fais pas pour eux. »
•76 LE GRzVND-COPlITE.
LE CHEVALIER bondissant sur so:i siège.
Qu'esl-ce à dire ? veut-on me jouer ? Un homme sage y honnête , peut-il parier ainsi ?
LE COMTE
Rasseyez-vous, et écoutez.. Ç^Au chanoine A Où est le centre auquel tout doit se rapporter?
LE CHANOINE
A notre cœur.
LE COMTE
Quelle est notre loi suprême ?
LE CHANOINE
Notre propre intérêt.
LE COMTE
Que nous apprend le second grade ?
LE CHANOINE
La sagesse et la prudence.
LE COMTE
Quel est Thomme le plus sage ?
LE CHANOINE
Celui qui ne fait et ne veut que ce qui lui est utile.
LE COMTE
Quel est le plus prudent ?
Celui qui fait tourner tout ce qui lui arrive à son propre intérêt.
LE CHEVALIER ac récriant de nourcau.
Laissez-moi ; il m'est impossible, il m'est insupportable d'entendre de tels discours.