‹ Œuvres dramatiques de J.W. GoetheChapitre 81 sur 221 · ACTE III, SCENE VI. 8t · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE VI. 8t

ma loyauté, de ma bonne foi, de toutes les qualite's qui décorent un homme noble, un soldat? — Et maintenant ? /

LE COMTE. t

Et maintenant rougissez de la peau de renard dont vous voudriez couvrir la crinière du lion.

LE CHEVALIER

Plaisantez, si bon vous semble j je vais parler sérieusement 'y sérieusement pour la dernière fois à un homme que j'ai cru mon ami. Oui , je l'avoue, votre conduite a été pour moi longtemps équivoque. Ces connaissances mystérieuses entourées d'épaisses ténèbres , cette puissance étonnante que nous nous persuadions de bonne foi , ce commerce avec les esprits, ces cérémonies infructueuses, tout cela ne me présageait rien de bon : seulement , la grandeur de vos sentimens que j'avais appris à connaître dans plusieurs circonstances, votre abnégation de tout intérêt personnel, votre sensibilité, votre empressement à rendre service, votre générosité , tout cela m'indiquait au contraire le fond d'un cœur noble. Je demeurai suspendu à votre bouche, je suçai vos leçons jusqu'à ce moment qui a détruit toutes mes espérances. Adieu ! — Pour devenir un méprisable et bas coquin , suivre le torrent , et saisir mon intérêt d'un moment au préjudice de mes semblables , il n'y avait pas besoin de ces préparations, de cet appareil qui me font rougir et me rabaissent. Je vous quitte ; ce qu'on me demande est impossible.

Goethe. I. 6

LE COMTE

Chevalier, regardez-moi.

LE CHEVALIER

Que désirez-vous de moi?

LE COMTE

Faites ce que vous me verrez faire. ( // ôte son chapeau, )

LE CHEVALIER

Faut-il nous quitter avec cérémonie V

LE COMTE

La politesse même vous ordonne de m'imitcr.

LE CHEVALIER ôtant son chapeau.

Eh bien donc , j'ai l'honneur de vous saluer.

LE COMTE jetant an loin ton chapeau.

Allons, chevalier.

LE CHflVALIER.

Que signifie cela ?

LE COMTE

Je désire que vous suiviez mon exemple.

LE CHEVALIER jetant aussi son chapeau.

Que ce soit donc la dernière fois que je fais une chose incompréhensible , une folie î

LE COMTR

Ce n'est pas une folie comme lu le penses. (// s^a^ vance vers lui les bras ouverts, ) E.egarde-moi face à face, ô toi , mon élu. Viens dans mes bras , pressetoi contre mon sein ; tu es élevé au grade de maître.

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