‹ Œuvres dramatiques de J.W. GoetheChapitre 94 sur 221 · ACTE in, SCENE IX · texte numérisé non relu

ACTE in, SCENE IX

irapéiieux ; il se montre aimahle, gracieux, el pleiji ic respect pour l.i iiiùce. Les «nfans , avec leurs encensoirs , se placent à coté du Iréjpied. liC comlc su liinl lout prés do la nièce , les autres se groupent aveo grâce. Les jeunes gens sont devnnt. La nièce a les veux sur le globe; la société les a sur elle ; chacun est plein d'allenllon. Elle semble prononcer quelques paroles , et se courbe ensuite en arrière , avec l'étonnemenl d'une personne qni voit quelque chose d'inattendu ; elle demeure dans cette position.)

( La musique cesse. ) LE COMTE.

Que vois-tu ^ chère enfant ? Ne crains rien 5 contiens-toi ; nous sommes à tes côtés.

LK CHEVALIER

Que peut-elle voir ? que dira-t-elle ?

LE CHANOINE

Silence î elle parle.

LA NIÈCE dit quelques mots , mais si bas qu'on ne peut les comprendre.

LE COMTE

Haut^ mon enfant; plus haut, que chacun puisse t'entendre.

LA NIÈCE

Je vois des cierges brillans qui brûlent dans une chambre magnifique. Je distingue maintenant des tapis de la Chine , des sculptures dorées , un lustre. Mille clartés m'éblouissent*

LE COMTE

Accoutume ton œil à ce spectacle j regarde fixement. Que vois-tu encore ? n'y a-t-il personne dans la chambre?

LA NIÈCE

Ici 1 — laissez-moi le temps , — ici, au milieu de cet éclat , près d'un cierge resplendissant^ — assise Goethe. L 7

9B LE GRAND-COPIITE.

à une laLle . — j'aperçois une dame ; — elle e'cril ; — elle lit.

LE CHANOINE

Dis-moi j peux-tu la reconnaître? quel air a-l-elle? (ju'est-ce ? ne tais rien.

LA NIÈCE

Je ne puis voir son visage : sa personne chancelle à mes yeux^ comme une image dans une eau agitée.

LA MARQUISE à pari.

L'aimable enfant répète sa leçon à merveille.

LE MARQUIS

J'admire la feinte. O nature , de quoi n'es-tu pas capable !

Maintenant — maintenant, je puis voir plus distinctement son vêtement. Une robe bleu céleste tombe autour de son fauteuil ; elle est semée d'étoiles d'argent comme le firmament.

LE CHANOINEàla marquise.

Me voici donc au comble du . bonheur ! c'est ma chère princesse. — On m'a parlé de cette robe bleue parsemée de mouches d'argent, qui semblent des étoiles aux yeux de cette enfant. Ecoutons.

LA NIÈCE

Quevois-je? Grand maître, sublime Gophte, éloigne-toi de moi. Je vois des objets effrayans.

LE COMTE

Demeure sans crainte, et parle. Que vois-lu ?

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