‹ Œuvres dramatiques de Lope de Vega;Chapitre 115 sur 226 · SUR LE CAVALIER D'OLMEDO · texte numérisé non relu

SUR LE CAVALIER D'OLMEDO

conçue et que lui livrait la tradition. Le caractère de la Fabia, et même la première partie de son rôle dans le drame, a été évidemment emprunté de la Celestina, cette vieille mère du drame castillan. On s'aperçoit que Lope s'est inspiré plus d'une fois de la verve étrange de Fernand de Rojas. Son pinceau s'est trempé dans les mêmes couleurs, peut-être pour plaire au public. Quant à l'usage que Lope a fait de son impur modèle, il s'est montré d'une grande discrétion, et n'en a pris que ce qu'il fallait pour ajouter quelques détails pittoresques à la réalité de son tableau. On dirait qu'épris de son œuvre, comme tous les grands artistes, il a craint de souiller l'atmosphère élevée et pure, où lui-même a aimé à placer ses charmantes héroïnes.

Il ne faudrait pas juger du lieu de la scène par le triste aspect que présente aujourd'hui Médina del Gampo. Cette ville, réduite à trois mille habitants, en a compté jusqu'à cinquante mille. (])'était une résidence royale ; et l'on voit encore, sur l'emplacement de l'ancienne cité romaine, le château bÂti pour Jean II, en 1440, par Fernando de Carreno. Isabelle y mourut le 26 novembre 1504. La révolte des cornuneros paraît avoir porté à Médina del Campo un coup dont elle ne s'est jamais relevée. Neuf cents maisons furent brûlées par Antonio de Fonseca. Ainsi Alonso n'aurait guère l'occasion aujourd'hui d'y rêver sur les pas d'Inès. L'idée de la feria de Médina, du bruit et du concours élégant qu'elle attirait, est cependant indispensable pour comprendre le drame de Lope. Cette idée d'une chose originale et nationale, l'homme de lettres curieux la trouverait encore le 2 octobre de chaque année, à la fameuse /eria de Santi-Ponce, à Séville. La couleur locale en Espagne a reculé vers le Midi, où elle tend à disparaître.

LE

CAVALIER D'OLMEDO

PERSONNAGES

DON ALONSO

DONA LBONOB.

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