‹ Œuvres dramatiques de Lope de Vega;Chapitre 118 sur 226 · DONA* INÈS, DONA LEONORA · texte numérisé non relu

DONA* INÈS, DONA LEONORA

DONA INÈS. — Et tout le monde assure, Léonor, qu'il est une influence des astres.

DONA LEONOR. — Eu sorte que sans les astres il n'y aurait pas d'amour...

DONA INÈS. — Dis-moi, voyons! Il y a deux ans que je reçois les soins de don Rodrigue, et sa personne, ses attentions me laissent glacée; tandis que, du premier moment où je vis ce galant étranger, mon âme me dit : « Je l'aime. » Et je lui répondis : « Ainsi soit-il. » Qui fait naître, je te le demande, ici l'amour, là le mépris?

DONA LEONOR. — L'amour lance ses traits à l'aveugle : rarement il frappe juste. Ton Rodrigue détesté est l'ami de Fernand, et, h ce titre, je devrais intercéder pouï* lui. Mais, je ne puis le nier, cet étranger a grand air.

DONA INÈS. — Ses yeux ont fasciné les miens. Il me semblait lire^ en ses regards le trouble qu'il me cause, non sans imaginer celui qu'il peut éprouver pour moi. — Mais peut-être est-il déjà parti.

4 . Ce titre donné à des jeunes fiUes annonce aussitôt qu*elles appartiennent à un rang élevé dans la société.

2^6 LE CAVALIER D'OLMËDO.

DONA LEONOtt. — Ou je me trompe, ou il n'est pas possible qu'il puisse vivre sans te voir.

(Entre Ana.)

AN A. — Il y a là, madame, une personne qu'on appelle la Fabia, ou la Fabiana.

DONA INÈS. — Qu'est-ce que c'est que cette femme?

ANA. — Son métier est de vendre du vermillon pour les joues et du blanc pour le visage.

DONA INÈS. — Veux-tu la faire entrer, Leonor?

DONA LEONOR. — Comment se hasarde-t-elle dans une maison si hautement respectable? car sa réputation n'est pas bonne. Mais, la curiosité...

DONA INÈS. — Ana, va lui dire d'entrer ^.

ANA, de la porte, — Fabia, ma maîtresse vous appelle.

(Ana sort.)

Page 1