‹ Œuvres dramatiques de Lope de Vega;Chapitre 12 sur 226 · Traduction de M. Faurîel · texte numérisé non relu

Traduction de M. Faurîel

,2. Lope, d'après M. Fanriel, mettait son imagination à tout; il la mettait aassi dans aa tendresse pour ses enfants. Ayant fait peindre son aine Carlos, à l'âge de quatre ans, il fit ajouter au portrait quelques accessoires symboliques, expression touchante de ses sollicitudes paternelles. Au-dessous du buste était peint un casque posé sur un volume, avec cette devise : Fata sciunt. Le casque était le symbole de la carrière des armes, le volume de celle des lettres, la devise voulait dire que le ?ort savait seul laquelle des deux serait un jour celle de Carlos, et oe secret du §ort, on le voit, préoccupait sérieusement le pauvre fère. ^ Il me semble que voilà un de ces traits qui révèlent à la fois le coQur et l'esprit d*un homme.

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câblée de cette perte, eut à peine la foi-ce de côndui)re à terme l'enfant qu'elle portait au moment de la mort de Carlos. Dans le courant de Tannée qui suivit cette perte, elle accoucha d'une fille nommée Feliciana, et mourut au bout de peu de jours des suites de ses couches. Cette fîUe naquit avec une santé délicate pour laquelle il fallait toujours trembler. Lope voulait retenir dans le monde Marcelle, une fille naturelle qu'il aima d'un sentiment si rare; mais aucune représentation ne put combattre dans cette jeune fille, qui paraît avoir été douée d'un mérite extraordinaire, sa vocation pour le cloître. D'une dévotion exaltée, comme son père, elle choisit même Tordre le plus rigide de tous, et, n'écoutant que la voix de sainte Thérèse, elle voulut ensevelir ses talents et sa beauté sous la bure des filles du Carmel. Cette résolution invincible, cette passion de la croix, rappelle involontairement la résistance d'Angélique Arnaud, et cette Journée du guichet, si fameuse dans les annales de Port-Royal.

Cette dernière épreuve réveilla dans le cœur de Lope les sentiments de sa première éducation. Il lui sembla reconnaître dans son malheur le châtiment de ses désordres passés; il y vit comme un appel du ciel aux pensées d'une autre vie. Pour répondre à cet appel, il renonça au monde, prodigua Taumoiie, les œuvres de charité et les prières; et, ne trouvant pas dans ces pratiques chrétiennes une expiation suffisante de ses fautes, il se fit ordonner prêtre à Tolède en 1609. Revenu à Madrid avec ce nouveau caractère, il entra dans la Congrégation des prêtres natifs de cette capitale, laquelle avait pour but Tenterrement du corps des suppliciés, et le soulagement des prêtres indigents. Elle les vêtissait, les nourrissait, les soignait dans leurs maladies, et leur donnait la sépulture après la mort. Plus d'une fois, on vit le prince des ingénias de TEspagne, selon les devoirs de sa mission, porter péniblement en terre le cadavre de quelque pauvre prêtre, Ty déposer, et adresser pour lui une dernière prière à Dieu.

Tne autre Congrégation très-différente de la précédente, et où Ton voit de même figurer Lope de Vega, est celle des familiers du Saint-Office, dont il fut vingt-cinq ans le chef ou le directeur. Les membres de cette Congrégation ne pouvaient ôtiHî pris que parmi les personnes dont les ancêtres, jusqu'à la quatrième génération, ne présentaient pas de mélange de sang more ou juif. Les preuves qu'il fallait faire pour obtenir

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