‹ Œuvres dramatiques de Lope de Vega;Chapitre 126 sur 226 · DON ALONSO, TELLO · texte numérisé non relu

DON ALONSO, TELLO

DON ALONSO. — J'aime mieux mourir, Tello, que de vivre sans la voir.

TELLO. — Je crains qu'à force d'aller et de venir d'Olmedo k Médina, ne se divulgue le secret de vos amours. J'ai peur que vous n'inspiriez à vos deux rivaux un dépit qui les fera parler.

DON ALONSO. — Comment me résoudre à ne pas voir Inès quand je l'adore?

TELLO. — Il faudrait mieux garder les apparences. Vous laissez à peine écouler trois jours sans la voir et lui parler. Vous aurez gagné, monsieur, la fièvre tierce d'amour. N'êlesvous pas quelque peu ennuyé, fatigué de ces perpétuelles allées et venues?

DON ALONSo. — Qu'cst-cc quc la distance d'Olmedo à Médina^, Tello, quand Léandre traversait toutes les nuits la mer pour voir Héro? Et puisqu'il s'en faut que la mer s'étende entre Olmedo et Médina, qu'est-ce que je fais pour Inès?

TELLO. — Léandre ne bravait que les flots; craignez pour vous d'autres périls. Je sais que don Rodrigue est informé de votre passion aussi bien que moi-même. J'ignorais à qui appartenait le manteau en question, et, un jour que je l'avais mis...

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