DONA INÈS, DONA LEONOR, FABIA, TELLO
TELLO. — C'est toi, Fâbia?
fABU. — Comme tu vois f
DONA LEONOR. — Et, c'est toi, Tello?
DO^A îNte. — Ce cher Telto f
DONA LEONOR. — Quclle mauvaise plaisanterie!
DONA INÈS. — Parle-moi de don Alonso.
TELLO. — Puis-je me confier à Leonor?
DONA INÈS. — Certainement.
DONA LEONOR. — luès ferait tôft à TafFeCtioft dé moû cœur, si elle me cachait ses sentiments.
TELLO. — Don Alonso, madame, est toujours prêt à vous servir. Les fôtes de iiiaî s'approchent, et déjà il prépare parures, chevaux, caparâçônS, lances et javelots. Si la joute de cannes * s*orgànise , tious aVoîis disposé une tdarga^ où j*ai mis tout mon sublime génie. Vous verrez.
DONA INÈS. — Il ne m'a pas écrit?
ïELLO* — Que je suis bête! Voici une lettré, tnadame^
DONA iNÉs. — Que je la baise avant de la lii*é.
DON PEDRO, de r extérieur. — Eh bien, attélé2 inâ voiture, si Talezan est malade. (// éntfe^ et voit Inès là lettré à la main,) Qu*est-ce que c'est?
TELLO, bas à Inès. — Votre pêrel... — Faites seniblant de lire, et je ferai semblant de vous montrer* le latin. — Dominus...
DONA iNiSi — Dominus...
TELLO. — Articulez.
4 . Fête chevàletesoue empftiiit^e tLiit ûsa^s arabes. EHé éo&tfstaii en quadrillée cte davaliérâ, qui 8ë chargeaient en lançiant àeÈ fdieÈat (arwidOf donax) que Ton parait arec Vadarga, bouclier en cttif et fort léger (cefra). L'adarjjfa pouvait dtre ornée d*emblèmes (éoussons, devises), comme on peut le voir par le magnifique spécimen qui se trouvé àrilrm«riar«aideMadrid, sous le n^'^SIô. (Catal., édit. 4864.)
244 LE CAVALIER D'OLMEDO.
DON A INÈS. — Essayons encore.
TELLO. — Dominus meus»
DONA INÈS. — Dominus meus.
TELLO, à don Pedro. — Vous voyez... Peu à peu cela viendra \
DON PEDRO. — Comment? déjà une leçon?
DONA INÈS. — J'ai tant d'envie d'apprendre.
DON PEDRO. — A la bonne heure I — L'Ayuntamiento, chère Inès, m'envoie prévenir que j'aie à me rendre à la fête.
DONA INÈS. — Cela est sage, puisque le Roi doit s'y trouver.
DON PEDRO. — Je veux bien, mais à condition que tu y viendras avec Leonor.
DONA INÈS, à Fabia. — Ma mère, veuillez me dire si je puis y assister sans péché.
FABIA. — Sans doute; point de scrupule là-dessus. N'en croyez pas ces gens à sévérité affectée, qui, dans leur circonspection extrême, s'imaginent toujours offenser Dieu. Oubliant qu'ils sont de chair et d'os, comme tout le monde, ils regardent comme une licence excessive le moindre délassement capable de nous soulager de nos peines. Il y faut simplement de la modération'''. — J'accorde donc la permission, au moins pour ces fêtes, étant de ma nature: Jugatoribus paternus,
DON PEDRO. — Eh bien, allons! Je veux donner de l'argent à ton maître, et acheter à la mère une cape.
FABIA. — Nous sommes tous abrités sous celle du ciel. — Et vous, Leonor, n'allez-vous pas avec votre sœur?
DONA LEONOR. — Si, ma mère, je veux profiter d'un si saint exemple.
4. Scène bien souvent imitée depuis. Voj. le Malade imaginaire^ acte n, se. yi; le Barbier de Séville, acte III, se. il.,* etc.
%, L'intention est ici bien évidente , et ce n'est ni le bon sens ni la hardiesse qui manquent à la leçon. En 4600, sous Philippe III, une assemblée de théologiens et de membres du conseil d'État avait défendu •par un arrêt la représentation des comédies.