‹ Œuvres dramatiques de Lope de Vega;Chapitre 15 sur 226 · INTRODUCTION. XY · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XY

Paroles significatives, qui traduisent sans doute une pensée intime et fort ancienne. Devenu riche, on effet, Lope ne remit plus les pieds dans les palais des grands, et s'il était heureux de sa fortune, c'était surtout parce qu'il lui devait la liberté : « Si je n'avais pas été bien convaincu, dit-ii quelque part, que les personnages des tapisseries qui décorent les murailles des palais sont complètement insensibles, j'en aurais eu une pitié bien sincère. »

Du reste, s'il est un homme dont on puisse dire qu'il fut supérieur à ses œuvres, c'est assurément Lope de Vega. Ses meilleures productions ne sont que des improvisations, tant il travaillait vite, car maintes fois, d'après son aveu, ses pièces « passèrent en vingt-quatre heures de son cabinet au théAtre. » Pas une année sans poème, pas une semaine sans comédie, et cependant, malgré ce rapide travail, il a trouvé le moyen de laisser des chefs-d'œuvre. On a calculé qu'il dut écrire au moins neuf cents lignes par jour, sans préjudice de ses occupations comme secrétaire, comme prêtre et comme père de famille, et il s'est trouvé des Anglais pour supputer le nombre de ses vers, qu'on évalue à vingt et un millions trois cent seize mille. L'anecdote suivante, rapportée par Montai van, son collaborateur, son ami, et son panégyriste enthousiaste, donnera une idée de cette prodigieuse fécondité qui, du reste, était servie par un travail acharné. Travaillant en société à une comédie (le Tiers ordre de Saint-François) ^ chacun d'eux fit un acte le premier jour, et ils s'étaient partagé le troisième. Le jeune poète eut la fantaisie de vouloir devancer son vieux maître, et s'étant levé à deux heures du matin, il eut fini à dix heures la tâche qui lui était assignée. Il court chez Lope, le trouve occupé à émonder dans son jardin un oranger qui avait souffert de la gelée : « J'ai fini mon demi-acte. — J'ai

d'buide^ope deVega, à la suite d'une motion de don Mesonero Romanes^ adoptée par l'Académie de la langue :

Al fenix de los ingénias

Frey Lape Félix de Vega Carpio

Que falleciô à 27 de Agosto de i635

En esta casa de su proprie.dad

La Real Academia espaûola

Afio de 1862.

Cervantes et Quevedo logeaient dans la même rue, et à très-peu de distance.

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