‹ Œuvres dramatiques de Lope de Vega;Chapitre 156 sur 226 · LE ROI ALPHONSE, LE ROI MARSILE, BERNARD DE CARPIO, BRAVONEL · texte numérisé non relu

LE ROI ALPHONSE, LE ROI MARSILE, BERNARD DE CARPIO, BRAVONEL

ALPHONSE. — Avec votrc appui, illustre roi Marsile, TEspagne n'a rien à redouter des Français; sans votre secours, une invasion était à craindre.

MARSILE. — Tous les pays que baignent le Douro, la Sègre et le Turia, et les côtes de la mer, depuis Alicante jusqu'à Barcelone, tout ce qui obéit à la brillante couronne d'Aragon, a pris les armes, en voyant ma royale personne » en tête de l'expédition. Je laisse également un corps de cavalerie à Jaca, pour défendre les frontières du Béarn, qui sont la partie la plus faible de. mes frontières^. Je t'amène Bravonel, qui est un autre Gradasse, aussi vaillant que le More Ferragus, comparable au seigneur d'Alger et au roi" de Giroassie^.

ALPHONSE. — Nous pouvoHs douc laisscr les habits de deuil, vaillant Marsile, puisque les larmes de l'Espagne . ont obtenu cet heureux résultat. J'ai quitté Léon, Oviedo et sa montagne, et je suis venu t' attendre ici. G'est la route, je crois, que prend l'empereur des Francs. Il est un de ses vassaux au cœur félon, qui poursuit sa honte et sa ruine. Il fera que l'armée s'engage dans les défilés. G'est un personnage plein d'astuce et de ruse; et, quoique parent du roi Gharles, il a fait serment de causer son malheur et sa mort.

BERNARD. — L'autcur de cette perfidie s'appelle Ganelon?

BRAVONEL. — Rolaud lui donna sans motif un soufflet

4 , Le port ou défilé d'Urdax.

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