Personnages du Roland furieux
306 LE MAEUaiB nkN» LA MORT.
qui mil en sang ses lèvras et sa barbe. Ce n'était pas une raison pour se venger ainsi ^ me^is ce pessentio^At tourne à notre avantage.
ALPHONSE. — En attendant que cette cour Tait reconnu coupable et condamné, paon armée et la tienne, déployant les bannières de la Croix et du Croissant, s'embusqueront au fond de cette vallée. Eux, sans pedouter le funeste effet de nos armes, et pareils, dans leur confiance, à ces oiseaux des lagunes qui se précipitent aveuglément sur Tappât, s'y verront cernés en un instant. Leur sang rougira l'herbe de cette vallée, et teindra les ongles de mes fiers lions; car ils n'auront d'autre is3ue que le fer (Jp nos lances ou la mort.
BERNARD. — Ce sera la fameuse journée de Roncevaux. C'est là, Roland, que j'espère te voir.
ALPHONSp. — Qu'est-ce que Roland, mon neveu, en comparaison de toi et du vaillant Aragonais Bravonel?
BRAYONEL. — Je jurc par ce bras toujours vainqueur , que tes Français verront pour leur malheur les ports des Pyrénées, et qu'ils éprouveront le tranchant de mon cimeterre.
MABSit-E, — J'admire, Bernard, le trqpbée de ta bajinière. Ce prisonnier dans les chaînes annoupe la ruiue de UPs ennemis.
ALPHOSSE. — Cette image est Pemblème de rois vain-» Qus. Bernard pouvait en choisir une autre qui n'eût pfts c*^. caractère.
BERNARD. — L'image peinte gur ma b^Pliière, ô mon oncle, n'est pas qelle d'un roi more; c'est mou père, imiocent et prisonnier. Jusqu'à [ce que Dieu permette que ^'amollisse le cœur d'un autre Pharaon, cette im^gô i^e suivra sur m4 bannière, me tenant lieu d'arme§, de blason et de trophée.
BRAVONEL. — Micux Vaudrait que le roi donnât l'ordre de te rendre ton père.
4LPP0NSE. ^ }e ne demaude pas miPtt^» BravQj^el,
BERNARD. — Cc n'cst pas la première fois. Sire, que vous
4 . On ne peut s'empôcher de noter le soin àe Lope à réserver la quos* tien d'honneur et de loyauté.
l'avez promis, et, comme vous m'avez toujours trompé, je n'en crois plus votre parole.
ALPHONSE. — Combien de châteaux as-tu gagnés?
BERNARD. — Le sort m'a protégé en ce point. J'en possède dix-neuf, et je les donne tous en échange de naon père. /
ALPHONSE. — Nous sommcs d'accord en ce point. Jierne demande que le Carpio^ En échange, je te jure ,4e te rendre ton père vivant, si Dieu m'accorde le r^touri
BERNARD. — J'aCCCptC.
ALPHONSE. — Comme garantie, je t'accorde le droit de placer sur ton écu dix-neuf tours d'or sur champ d'ondes de gueules.
BERNARD. — Tu mèts le couronnemeni aux grandeurs de l'Espagne. Rends-moi un père chéri, grand roi; depuis assez longtemps tu le retiens en prison.
ALPHONSE. — J'en fais le serment en présence d'un roi.
MARsiLE. — Je m'en souviendrai.
BERNARD. — Je uc demande pas de faveur plus signalée^ Tu es mon roi, mon père, mon oncle; puisse le laurier de la victoire ceindre ton front. Tu fais naître en mon âme assez de valeur et d'enthousiasme pour conquérir un monde. Humbles sujets, Bravonel et moi, nous allons nous faire connaître des Francs.
(On entend au loin le son des tambonrs.)
BRAVONEL, — Voici Ic tambour qui résonne. Il auQonce l'approche de Charles.
BERNARD. — Il u'est plus tcmps de délibérer; le pér|l est pressant. Tu vois cette montagne : prends-y position avec tes vaillants soldats.
ÈRAvoNEL. — Ce jour, invincible Espagne, ^écl^irera ta victoire sur les Francs.
(Ils sortent.)
4. F^rtesMce bâtie |ar 1^ bords de la Tonnes. I^le ioinb§ àag^ }tk maison de Tolède^ tige des ducs d*Albe.