Ville au midi de Léon, sur la route de Toro
l'honneur, puisqu'il est en votre pouvoir de nie le rendre. Que me sert ma gloire et votre faveur, si je tiie vois sans espérance, rien ne pouvant laver la tache de la naissance? Le ciel vous a reconnu pour le plus chrétien de tous les princes de la terre, et le sceptre que vous tenez en la main est la preuve de votre picHé ; car des anges de lumière, déguisés en pèlerins, sont descendus des cieux pour être les orfèvres de cette croix, qui est la gloire d'Oviedo^ Prenez garde de trop mal payer tous les bienfaits que vous avez reçus, si vous ne me rendez mon père vieillard, épuisé^ inutile, si vous vous vengez sur un mort. De tous les services que je vouft ai rendus, monseigneur, je vous demande le digne guerdon.
ALPHOUSB. *— Nous en reparlerons.
BEHftARl). —Voilà donc ma récompense!
( f.e roi 60tt,)
Vous partez, invincible prince, vous partez, et j'accepte, résigné, un coup si cruel I — Ëpée, mal employée au service d^un roî injuste, je le détache du ceinturoft. Mieux vaut que tu demeures oisive, que de souffrir l'amertume de te voir si mal payée.
Tu seras plus heureuse brillante et dorée que teinte du sang arabe de la garde à la pointe, puisque le roi ne permet pas que, rougie de ce sang, tu sois honorée.
Que faire? à quoi me résoudre? â qui demander justice? — Tueraî-je le roî? Non. Je ne dois pas montrer de colère, parce que lui-même est sans foi.
Je veux le tuer, car c'est un traître!... — Ëernard! Un tel forfait! toi!... — Pardonnez, ô. mon seigneur, ô mon roi! Je pleure, hélas! je gémis, pareil au chien que châtie soii maître.
(li pleure.) (Ënireni Rodrigo Rasura et Hernati biaz.)