‹ Œuvres dramatiques de Lope de Vega;Chapitre 180 sur 226 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Entrent RUTILIO et LÉ MARQUIS.

îitJTiLio. — Tant de froideur devrait ôter tout espoir h vos folles espérances.

LE MARQUIS. — Tais-(oi, kutilio; j'aperçois Aurore.

RUTILIO. — Vous voilS hors de vous-même. Montrezvous ferme dans tous ces changements.

LE MARQUIS. — Aurorc de ce beaajoiir oh mes yeux te livrèrent ma liberté avec les dépouilles de mon âme, Aurore, qu'envie le soleil, pour laquelle tout ce qui est fleur, ^ê revêt de couleurs charmautès, — dès mon arrivée à ttàntoiie, je fis, avec peu dé chance, élection de ta beauté, qui subjugue toiiles les âmes. Mais, quelle fut mon erreur! Jft vous aime; Madarhe; et fnô'n amour ne sert qu'à >^6us fatiguer. J'ai résolu raofi départ; c'est le meilleur remède. Je fne dérobe à votre rigueur, et je Vais chercher nîa consolation dans les miracles de l'abseiice, dans les vengeances de l'amoai^.Soulïfez que je vous baise la main.

AURORE. — Le galant, le courtisan qui t^ésiste mal à un premier dédain ne i^isque pas de mourir de tristesse. Les faveurs ne s'accordent pas aux premiers mouvements de l'amour. On veut être sûre d'être aimée. Vos souffi^ances sont petites; je les mesure h votre amour. En cette occurrence, et avec la même liberté que vous me demandez licence, je vous ordonne de ne pas partir.

LE maAquis. — La faveur que vous me faites en me disant d'espérer est si grande, bien qu'il s'y mêle un peu

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de rigueur, que non-seulepaent, j'attendrai qntre le (Jqute ^i la confiance, le& djx s^i^is qqe dura le 3iége de TroiQ, lés sept ans du berger à qui La^an avait promis soii joyau divin, mais des siècles, piais le temps qu'a duré le supplice de Tantale. Ja veux qqe mou ampur me récompense de cette espérance. Tant qu'où ne reçoit aucun î)ien, il y a du mérite â' souffrir.

(Ils s'entretiennent à voix |)a8se.)

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