XX INTRODUCTION
marc, écrivit des poèmes scéniques à l'imitation de Piaule et Je Tcrcnce, avec intermèdes rustiques. Parmi les divertissements offerts à Briviesca, en 1440, à l'infante de Navarre, par don Pedro de Velasco, comte de Haro, il est également fait mention de représentations dramatiques.
On peut donc placer à la fin du quinzième siècle les véritables commencements du théâtre espagnol. Nous le voyons sortir des habitudes religieuses et sociales du peuple, sans impulsion étrangère, sans tradition savante, de sorte que la nationalité en restera le principal caractère. Ce ne sont d'abord que des dialogues rustiques, des églogues pastorales, où des bergers s'entretiennent des fêtes que l'on va célébrer, ou même quelquefois de l'état des affaires publiques, comme par exemple dans les couplets dits de Mingo Revulgo, composés vers 4472. Vais drames, ou plutôt ces récits dialogues étaient écrits en mètres lyriques, accompagnés de chants rustiques qui répondaient à nos joyeux noèls.
Une fois que les populations eurent pris goût à ces sortes de drames, on ne tarda pas à les apphquer à des sujets tirés de la vie commune, à des faits mondains et profanes, qui ouvrirent Il l'art naissant une voie nouvelle, et qui, en rendant les représentations plus fréquentes, lui firent faire de rapides progrès.
Ainsi, dès le commencement, le théâtre espagnol se divise vn deux branches, le drame religieux et le drame profane; mais il la différence des autres pays, où, notamment en France, le drame profane prit le dessus et finit bientôt par régner seul, — les deux branches dramatiques furent cultivées parallèlement on Espagne avoc la môme complaisance et le même succès.
Cette origine romantique et populaire explique la plupart des raractères extérieurs du théâtre de Lope de Vega, absolument comme l'origine religieuse du théâtre grec explique , par exemple, l'existence du chœur dans la tragédie grecque. Pour t>tro assuré de plains le poète n'aura qu'à se laisser guider (Kur sii fiuitaisie, sous la loi du génie et du goût national. De 1{\ d'abortl l'absence du genre tranché, car ce théâtre sans lien avec lo passé est libre de toute règle, de toute convention matérielle; de li\ aussi le mélange des odes et des sonnets dans le drame : les stances ont une secrète harmonie avec les grandes émotions do Tàmo, et devaient plairt^ par conséquent à des imaginations lyriques et exaltées; de là encoi*e le mélange de s^^rioux et de plaisant, rélévation tragique et les joyeuses sail-