Petite rivière qui passe près de Burgos
.main, mais pour lui faire quelque affront, mon âme sera satisfaite : elle aura vu venger le sien.
ESTEBÂNEZ. — Doutez-vous de mon zèle ? Vive Dieu f sans mon respect pour le comte, je m'engagerais à perdre la vie pour vous.
DON A LAMBRA. — Écoute et sois attentif.
XSTEBANEZ. — Parlez.
DON A LAMBRA. — Approche avec précaution, de peur qu'à ta vue il ne se mette sur ses gardes, et frappe-le en plein visage d'un concombre plein de sang^. Tu Mis que c'est i'insulte la plus grave qu'un homme puisse recevoir en Gastille. £t si l'on te poursuit, compte sur ma protection.
ESTEBANEZ. — Cela vous suflSt ?
DONA LAMBRA. — Avec Cet affrout, je me tiens pour satisfaite.
ESTEBANEZ. — Vous allcz être obéie *.
DONA LAMBRA. — Regarde, il baigne son faucon dans cette claire fontaine.
ESTEBANEZ. — Vous verrez comment je vais le frsçper.
(Il sort.)
DONA LAMBRA. — L'éléphant des Indes tombe sur le serpent qui l'a mordu, et avide de vengeance, l'aspic mord le pied qui Ta foulé dans la prairie.
Dans sa jalousie, le taureau dévaste la forêt avec de rauques beuglements, et vaincu par le chasseur, le tigre se précipite dans les flots.
Ce n'est pas seulement aux animaux, aux bêtes sauvages, que la soif de se venger inspire de recourir à la ruse*
Le caractère de la femme, sans exception, se meut sur deux pôles, qui sont l'amour et la vengeance.
4. Lope sait, dans tous ces détails si oaractéiistiqaes de Tépoque ^ le Romancero des infants de Lara.
2. Toujours la peinture exacte des mcMirft du temps. Ainsi, après les Inenaces que fit entendre Raymond VI, comte de Toulouse, excommunié par Pierre de Castelnau, un chevalier suivit le légat du pape et le poignarda dans une petite h^eUerie,'au hM. du Rhôûe, le 24 janvier 4308.
410 M^UDAERA LE BATARD.