‹ Œuvres dramatiques de Lope de Vega;Chapitre 211 sur 226 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

La vega de Fabros.

RUY VELASQUEZ, VIARA, GALVE.

viARA. — Noble Ruy Velasquez, j'ai fait partir avec toute la rapidité demandée les troupes que j'avais sur la frontière.

GALVE. — On ne peut qualifier de noble l'homme capable d'une trahison.

VIARA. — C'est une brillante infanterie qui pourrait soutenir, immobile, le choc du monde. Quant aux chevaux, il n'en est pas un qui ne pût enlever son cavalier jusqu'à la sphère brillante de Mars*. C'était l'ordre d'Almanzor, mon très-redouté souverain, et je m'y suis conformé, sachant que tu le tiens pour agréable.

RUY. — Tes soldats n'eussent-ils pas toute la vaillance dont j'ai fait l'épreuve, il n'y a ici aucun danger.

VIARA. — Je ne redoute rien. Je me fie à ta naissance, à ta loyauté, persuadé que tu ne voudrais pas la ruine de la maison de Bustos, si tu n'avais d'autres mobiles que la ruse et la trahison.

4 . Notez ces coalenrs orientales de la poésie espagnole; comparez avec la description da oheval dans le livre de Job. 2. La quatrième , selon Tastronomie du moyen âge.

RUT. *— Pourquoi votre roi Almanzor n'a-t-il pas fait trancher la tète à mon beau-frère?

GALYE. — Moitié compassion, moitié générosité; mais il est dans une bonne prison, et durement traité. Ne doute pas qu'il ne meure de chagrin, poignard invisible dans l'infortune qui, en de telles et si rigoureuses disgrâces, pénètre à Tégal de Tacicr le plus aigu.

RUT. — Je soupçonne que mes neveux sont arrivés, à en juger par le mouvement qui s'opère parmi mes gens.

viARA. — Où dois-je me tenir embusqué, Ruy Velasquez?

RUT. — Dans les bois de pins que voici. Je t'amènerai les sept frères dans des conditions telles, que tu puisses les égorger avec facilité.

GALVE. — Combien sont-ils?

RUT. — En petit nombre et mal armés.

VIARA. — Leur sang va rougir mon épée qui les égorgera comme des agneaux.

(Ils sortent.)

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