‹ Œuvres dramatiques de Lope de Vega;Chapitre 24 sur 226 · INTRODUCTION, X\IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION, X\IX

malheureux. L'imagination espagnole ne se complaît pas, en effet dansrélcmentti'agique; elle a même pour lui une sorte de répugnance : ce qu'elle préfère, ce sont les merveilleuses combinaisons de la destinée, les épreuves du courage et de la vertu triomphants, les intrigues de l'amour, les accidents infînis de la vie de guerre et de galanterie.

Les pièces de la deuxième catégorie sont des esquisses de mœurs, analogues à nos meilleurs vaudevilles, dont elles sont les premiers modèles. L'imbroglio de l'intrigue, qu'on croirait souvent imité par Shakspeare, y tient une place toujours considérahle, dont le Menteur de Corneille peut donner une idée. Quelques-unes de ces pièces, imitation du drame pastoral italien, sont une copie de VAminta du Tasse et du Pastor fido de Guarini.

Dans l'impossibilité de donner une traduction complète du théâtre de Lope de Vega, nous nous sommes attaché à faire un choix qui pût au moins laisser au lecteur français une idée suffisante des titres de ce grand poète à la célébrité. Nous avions un moyen sûr à cet égard : c'était de prendre les pièces de Lope qui ont reçu la consécration du temps, les comédies qui, sauf des modifications légères, sont encore quelquefois représentées 'sur le théâtre de Madrid et des principales villes de l'Espagne. Mais nous conviendrons sans peine que, dans cette foule de drames et de comédies, il est plusieurs pièces dont l'intérêt approche, sans le surpasser, de celles que nous avons cru devoir traduire. Si l'espace nous l'avait permis, nous aurions volontiers donné place dans notre choix aux Teîîo de Meneses, aux Benavides, aux Chevaliers commandeurs de Cor^ àme, qui figureraient très-bien à côté de VEtoile de Sèville. l'Esclave de son amant est un drame qui se lirait avec plaisir, même après le Cavalier d*Olmedo, Le Villageois dans son coin est digne de l'auteur du meilleur Alcade, Enfin, outre le Mariage dans la mort et Mudarra, les traditions historiques ont fourni à Lope le sujet de drames souvent cités, dont nous dirons, en finissant, quelques mots.

Un usurpateur de la royauté acheta, dit-on, le secours et l'amitié des Mores, en s'engageant par un traité à livrer annuellement un tribut de cent jeunes filles aux Arabes de Cordoue. « Il parait, dit M. Fauriel, à qui nous devons ces détails, que ce genre de tribut a été réellement imposé à certaines contrées de l'Espagne chrétienne; mais il ne tarda pas à être

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