‹ Œuvres dramatiques de Lope de Vega;Chapitre 25 sur 226 · XXX. INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX. INTRODUCTION

aboli, d'abord localement, ensuite dans toute TEspagne. » La première pièce, intitulée : les Fameuses Asturiennes^ a pour sujet une tradition relative à l'abolition générale de ce tribut dans les pays asturiens. La seconde, qui a pour titre : las Donzellas de Simancas, met en scène la manière dont les filles de la ville de Simancas s'affranchirent de cet impôt.

Donnons d'abord une idée des Fameuses Asturiennes.

Une troupe de cinq cents Mores vient dans les Asturies pour chercher les cent jeunes filles dues à l'émir arabe de Cordoue. Abdallah, chef de la troupe, la fait arrêter à une assez grande distance de Léon, et vieut seul, en pacifique ambassadeur, pour demander le payement du tribut. Le roi de Léon s'incline devant la foi des traités, non sans maudire le lâche usurpateur qui a soumis la couronne des Asturies à une pareille humiliation. Cinquante jeunes filles seront prises dans la noblesse, et cinquante dans Tordre des paysans.

Parmi celles de la noblesse, le sort a désigné la plue parfaite et la plus belle des filles astwriennes, Sancha, la fiancée de Nufio Osorio, le type de l'héroïsme espagnol. Pour plus de fatalité, c'est Nuno lui-même qui est chargé de conduire les cent jeunes filles aux Arabes. Le poète n'a pas manqué de montrer dans son héros la lutte entre l'honïieur qui exige l'accomplissement fidèle de la mission confiée, et les intérêts de sa passion, de son orgueil. Dans l'assemblée où Ton a délibéré sur la question de savoir si l'on devait continuer à acquitter cet odieux impôt, Osorio s'est généreusement prononcé pour le refus. Mais la raison d'État, la nécessité pohtique, l'ont emporté sur le sentiment chevaleresque, et Nuno a été chargé d'exécuter ce qu'il avait combattu. Cette situation est dramatique et de haut effet; Lope Ta exposée avec bonheur, en la relevant par des détails ingénieux.

La deuxième journée se passe chez Garcia, le père de la belle Sancha, qui ignore le triste sort de sa fille. Nous avons ici de gracieux et touchants tableaux de famille, dés scènes de mœurs naïves et nobles à la fois, comme celles des montagnards asturiens. La sécurité du bon vieillard, la joie qu'il manifeste en recevant le noble Osorio, qu'il destine en son cœur pour époux à sa fille, donnent lieu à des situations très-pathétiques, quoique d'une grande simplicité. Enfin la vérité est connue, et Nuno se met en marche, à la tête de cette troupe de soldats et de femmes; on croirait qu'il mène le deuil à la tète d'un convoi

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