‹ Œuvres dramatiques de Lope de Vega;Chapitre 29 sur 226 · LE ROI, DON ARIAS, DON PEDRO DE GUZMAN, FARFAN DE RIBERA · texte numérisé non relu

LE ROI, DON ARIAS, DON PEDRO DE GUZMAN, FARFAN DE RIBERA

LE ROL — Je suis touché de Tempressement de Séville, et je me regarde désormais comme le véritable souverain de l'Espagne. D'aujourd'hui man règne commence puisque aujourd'hui Séville m'honore et m'appuie. Nul ne pourrait

4. Ce |>a1nis t% doit pad être confondu aveti l'Alcazar Rctt'iël dé Sëvlllb. Cet admirable édifice, aux tragiques souvenirs, ne fut construit qu'en 4364, par Pierre le Cruel , arrière-petit- fils de 4on Sanclie, avec l'aide d'architectes et de dëcorateurs venus de Grenade, où dans ce moment s'achevait l'Aîhambra.

se dire roi d'Espagne qui ne régaerait pas dans Séville. Je liens à la payer des frais de ma réception, des magnificences de mon entrée. Ma cour s'arrêtera quelque temps en vos murs. Il est naturel que la cour de Gaslille s établisse à Séville, puisque régner à Séville, c'est régner en Castille.

DON PEDRO. — Nous, SCS premiers alcades, nous demandons à baiser vos pieds, car c'est le nom de Séville qui nous a valu vos faveurs. Du consentement de la municipalité, les jurais et consuls font offrande à Votre Majesté de leur fortune et de leur dévouement, k la seule condition que les privilèges de notre cité n'en recevront point de dommage.

LE ROI. — Je le promets.

DON PEDRO. — Permettez-nous de baiser vos mains.

LE ROI. — Vous m'avez accueilli en dignes citoyens de Séville, et j'espère, avec votre concours, me rendre maître de Gibraltar, qui dort sans défiance non loin du détroit, et si la fortune m'est favorable, je ferai que le More compte avec moi.

FARFAN. — Dans une si haute entreprise, Séville loyale appuiera Votre Altesse de ses troupes, leur sang vous appartient.

DON ARIAS. — Le roi n'en doute pas, messieurs. Il demeure satisfait de vous, et accepte vos offres.

LE ROI. — Séville m'a convaincu, persuadé. Allez avec Dieu.

(Les Alcades sortent.)

Page 1