SCÈNE VI
Une rue de SéviUe, avec la maison de Busto Tabera. LE ROI, DON ARIAS, gens de la suite.
LE ROI. — Dites que j'attends.
4 . Cette médiocre plaisanterie du gracioso repose , dans Tespagnol , sur Tall itération des mots estrella « étoile » et huevos estrellados, « œufs en étoile, ou formant des étoiles. » On comprend qu'il soit impossible de la oonserver en français.
DON ARIAS. — Sire, on le sait^ et Busto Tabera descend à la porte pour vous recevoir.
(Entre Busto.)
BUSTO. — Quelle faveur I Quelle grâce I Chez moi Votre Majesté !
LE KOI. — Je me promène ainsi embossé pour avoir le plaisir d'examiner Séville. On m'a dit en passant que c'était là votre maison. J'ai eu fantaisie de la voir. On la dit extrêmement belle.
BUSTO. — C'est la maison d'un simple écuyer.
LE ROI. — Voyons.
BUSTO. — Ma maison, conforme à mon rang, est trop petite pour le vôtre; un si grand personnage y serait à l'étroit, et il y aura du scandale dans Séville, quand on saura que vous êtes venu me voir.
LE ROI. — Ce n'est pas pour votre maison, c'est pour vous, Busto, que je viens.
BDSTO. — Je sens le prix d'une telle faveur, grand prince ; mais, s'il est vrai que vous veniez ici pour moi, mon devoir est de ne pas le souffrir. Si le roi vient visiter son vassal, il y aurait peu de courtoisie à ce dernier de le permettre. Je suis votre serviteur et sujet, et vous prétendez m'honorer : il est plus naturel que j'aille vous voir en votre Alcazar. D'ailleurs, les faveurs deviennent aisément un affront, surtout si le soupçon vient s'y mêler.
LE ROI. — Le soupçon ? Ehl de quoi ?
BUSTO. — On dira, bien que le contraire soit vrai, que i vous êtes venu pour voir ma sœur, ce qui peut devenir une * offense à sa réputation. L'honneur est un pur cristal : un ;
souffle suffit à le ternir.
LE ROI. — Puisque me voilà, je voudrais vous entretenir
d'une affaire. Entrons.
BUSTO. — Vous m'en parlerez, s'il vous plaît, en chemin : mon appartement est en désordre.
LE ROI, à part à don Arias. — Il n'est pas facile. DON ARIAS, de même. — N'importe! emmenez-le. Je vais
rester avec Estelle, et je lui parlerai en votre nom. LE ROI. — Parle bas ; il pourrait t'entendre ; et le pauvre
sot met tout son honneur dans ses oreilles.
20 L'ÊtOtLË DE SÊVlLLBi
DO» AKiAB; ^^ L'or les fera céder.
' LE ROI, haut. — C'est bien; je ne voudrais pas visiter voire demeure malgré vous.
Busto. — Au ihariage de dofia Estrella Votre Majesté la verra dans la tenue qu'elle doit avoir.
D&H ARiABi ^-^ Holàt les vditures^ ^ LB «oii -^ Busto, vous prendreE une portière.
Btsto. *^ J'irai à piedj avec vot^e permission.
LE ROI. — La voiture est à moi, et j'en dispose»
DON ARIAS. -^ Le carrosse attend i
LE ROI. — A l'Alcazar.
BUSTO, à pnrti —Voilà bien des grâces* Le roi me comble dé ses faveurs, plaise à Dieu que ce soit peur itioti bieni