‹ Œuvres dramatiques de Lope de Vega;Chapitre 37 sur 226 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

Une rue de Séville.

LE ROI, DON ARIAS, MATHILDE, à la porte de la maison

de don Bitsto,

f MATHILDE. — Mieux vaut qu'il soit seul. Tout repose dans la maison. DON ARIAS. — El Estelle?

V MATHILDE. — Elle dort, et la chambre où elle repose est sans lumière.

'- y LE ROI, à Mathilde. — Bien qu'il suffit de ma parole, ^ voici néanmoins le papier qui contient ta liberté. Je donneiei à Busto une aulrc esclave.

* DON ARIAS. — Ce papier te confirme la rente et les ducats.

MATHILDE. — Quc j'cmbrassc vos pieds I DON ARIAS, bas au roi, — Voilà ce que peut l'intérêt. Elles sont toutes les mêmes.

LE ROI. — La belle chose que d'être roi! DON ARIAS. — Pas de résistance possible. LE ROI. — Donc, je vais monter seul, pour plus de sûreté.

DON ARIAS. — Vous avcuturcr seul en ce moment? LE ROI. — Dis-moi un peu quel risque je cours : Ne vais-je pas avec moi-même? Laisse-moi.

DON ARIAS. — Où irai-je attendre?

LE ROI. — A quelque distance de la rue, de manière à nous retrouver aisément.

DON ARIAS. — J'entrerai à Saint-Marc.

(U sort.)

LE ROI, à Mathilde, — A quelle heure rentrera Busto?

MATiiiLDE. — Il rentre au moment où le ramage des oiseaux salue Taube. La porte demeure ouverte jusqu'à sa rentrée.

LE HOï. •=- Uamour m'anime à tenter l'entreprise.

MATHiLDE. — Que Votre Majesté me suive, le corridor est obscur.

(lU sortent.)

(Entrent don Manuel, Busto, don Iftigo.)

BusTO. — r Voici ma maison.

DON jNiGO. — iVdieu.

BUSTO. — C'est encore de bonne heure pour paoi.

DON MANUEL. — N'allez paîi plus loin. Nous avons tous deux certaine visite h faire,

BusTO. — A merveille. Comment trouvez-vous Féliciana?

DON MANU^i.. — Nous en parlerons demain au palais, la personne en vaut la peine.

(Sortent don Manuel et don lAigo.)

BUSTO. — Je vais me coucher de bonne heure. (Levant les yeux sur (e portail de sa maison^). De la lumière nulle part?... Viendra-t-il un page? Holàl Lujan, Osorio, Juanico, Andrest... — Tous endormis, — Justa ! Inèsl... Endormies pareillement. — Mathilde!... L'esclave elle-même dort. Le sommeil est un dieu; il règne en maître sur nos sens.

(Il entre.) "^

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