‹ Œuvres dramatiques de Lope de Vega;Chapitre 4 sur 226 · II INTRODUCTION · texte numérisé non relu

II INTRODUCTION

l'apprend lui-même) était en effet situé dans la pittoresque vallée de Carriedo, sur le versant septentrional des monts asturiens, à peu de distance de Santander ;

« Dans les prés fleuris de Castille, que l'Espagne nomme vallée de Carriedo, réside la valeur de la montagne. Là fut jadis contenue toute l'Espagne, là fut le berceau de ma race ; mais qu'importe d'être né laurier â qui n'est plus qu'un humble roseau ! »

Cette circonstance de race et d'origine antique n'est pas indifférente à noter dans la vie d'un poète, dont le théâtre fut la vivante image du peuple espagnol, avec ses qualités et ses défauts.

S'il faut en croire l'enthousiasme de ses biographes, Lope donna, prçsque dès son arrivée en ce monde, des signes prodigieux d'intelligence, qui ont fait renouveler en sa faveur la vieille légende des abeilles qui déposèrent leur miel sur les lèvres naissantes de Sophocle et de Platon. Dès l'âge de cinq ans, avant de savoir écrire, il composait des couplets qu'il dictait à ses camarades pour en avoir des copies, leur abandonnant en échange une partie de ses déjeuners. Lope lui-même semble confirmer ces témoignages de Montalvan : il dit quelque part [Êpitre à Amaryllis) que, sachant à peine parler, il écrivait, sous la dictée des Muses, des vers qu'il compare aux premiers piaulements de l'oiseau dans son nid.

Envoyé à l'âge de douze ans au Collège impérial, qui appartenait à la Compagnie de Jésus, Lope ne tarda pas à aller continuer à l'Université d'Alcala de Henarès, des études qui ne furent jamais achevées. Il y apprit le latin; mais il n'alla guère au delà des éléments du grec. De là une connaissance superficielle de l'antiquité, qui le dirigea sans doute de préférence vers la culture de ce drame populaire, qu'il devait tant illustrer. On voit souvent dans ses écrits la preuve de ce défaut de connaissances premières ; on la voit surtout dans l'espèce de Poétique qu'il rédigea, sous le titre d'Art nouveau de faire des Comédies, et où il traite sans beaucoup de sérieux ces mêmes questions littéraires, qui ont fait naître ailleurs tant de lourds écrits. Il n'en pouvait être autrement; et il y aurait de la naïveté à croire que Lope ait jamais eu beaucoup de respect pour les règles classiques du théâtre.

De bonne heure orphelin, Lope fut dépouillé de son patrimoine, qui n'était pas considérable, par on ne sait quel per-

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