‹ Œuvres dramatiques de Lope de Vega;Chapitre 40 sur 226 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Une rue qtii tilèhe ati palaiit

LE ROI, DON ARIAS

LE ROI. — Tu as entendu la conclusion de l'aventurea

DO» ARtAs. -^ Vous aveÉ voulu entier seuh

LE ROI. — Il a été à la fois si maladroit et si hardi, que ' c'est moi, ami, qui ai l*eçu l'affront. Il m'a lenu aU bout de ^ sort épée avec des ftiols à double entente. Je me suis longtemps contenu; maid chfin les mouvements naturels au cœur de Thoinme m'ont fait peindre le sang-froid que je devais h niist dignité. Je fonds sur lui. Mais des valets sont ^ arrivés avec des flambeaux, et tout allait se découvrii*j si je n'avais tourné le dos, craignant d'être reconnu. Je n'ai ^ pas été suivi. — Voilà, don Ariasj la façon dont j'ai été traité par Busto Tabera.

DON ARîASi -^ Qu'il paye de sa mort votre ennui. Il 0 ' vous faut sa tête. Que le soleil levant éclaire un châtiment [■ juste, puisque dans l'univers espagnol il n'est d'autre loi ' que votre bon plaisir.

LE ROI; — Un supplice public! Ce serait^ don Arias, une grande faute.

DON ARIAS. ^^ Un prétexte est aisé h trouver; Il est régi- ^ dorde Séville; et> le plus sage, le plus prudent des hommes peut tomber en quelque délit, poussé par l'orgueil ambitieux du pouvoir.

LE ROI. — Il a tant de mesure, de retenue, qu'il ne sau- rait se compromettre.

DON ARIAS. — Alors, sire, faites-le tuer en secret ^ "■

LE ROI. — A la bonne heure! Mais, sur qui s'en reposer? ^

DON ARIAS. — Sur moi. n

LE ROI. — Je ne veux pas te cortl^ronlëtll'é.

4. C'est probablement une conversation analogue qui eut liou entre Antonio Ferez et t*hilippe II, à propos au meurtre d'£scovedo. Vojez inlonio Perez et Philippe 11^ par M. Mignet.

DON ARIAS. — Eh bien, je veux vous donner un honriine aussi vaillant que noble soldat et insigne chevalier. Plus d'une fois il a fait trembler le More sur l'orgueilleux rocher de Gibraltar, où il commandait, toujours invincible. Nul ne passe pour plus brave, ni plus audacieux dans Séville. C'est le phénix de nos guerriers.

LE ROI. — Son nom, quel est-il?

DON ARIAS. — Sancho Ortiz de las Roelas, surnommé /e Çid d'Andalousie ^.

LE ROI. — Le jour va naître. Fais-moi venir cet homme sur-le-champ.

DON ARiAS. — Venez vous coucher.

LE ROI. — Quel repos. Arias, peut espérer quelqu'un qui aime et qui a reçu un affront? Sans perdre un moment, fais-moi venir cet homme.

DON ARIAS. — Sur l'Alcazar je vois quelque chose qui se balance au vent.

LE ROI. — Quelque chose, dis-tu? Que peut être cela?

DON ARIAS. — Il doit V avoir un motif.

LE ROI. — Regarde ce que c'est.

DON ARIAS. — C'est le corps de la petite esclave, avec le papier dans ses mains.

LE ROI. — Quelle barbarie!

DON ARIAS. — Quelle pitié!

LE ROI. — Je tue le frère et la sœur, si Séville bouge.

DON ARIAS. — Ordonnez vite d'enlever ce cadavre, el faites-lui donner en secret une honorable sépulture. Manquer k ce point de respect! Tabera, tu mourras.

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