V. . (11 expire
DON SANCH^ — Épée cruelle, — sanguinaire et détestable homicide, tu m'as ravi la moitié de moi-môme. Achève ^ * ton ouvrage; qu'un nouveau coup mortel soit la rançon de sa vie. ,
(Illt've son épéc.) x "*
(Entrent les deux premiers alcndcs , don Pedro de Guzmnn , FniTan v de Ribern, et d'antres personnages.}
DON PEDRO, vivement, — Arrêtez t Que signifie?...
DON SANCH^i — Pourquoi me retenir si j*ai mis au tom* beau la moitié de ma vie?
DON FARFAN. — Qucllc affrcusc aventure!
DON PEDRO. — Expliquez-vous?...
DON SANCHtf^ — J'ai tué mon frère, Séville voit un affreux Gain qui a fait couler le sang d'un innocent Abel. Il est là : tuez-moi près de lui. Il est mort de ma main : que ma mort venge la sienne.
(Entre don Arias.) v
DON ARIAS. — Qu'est ccci?...
DON SANCH^. — Une rigueur outrée, l'effet d'un scrupule ^^ d'honneur, dont le pouvoir règne si despotiquement sur les hommes. Dites au roi, mon seigneur, que chez les Sévillans, les faits ne tardent pas à suivre les paroles. Pour A y être fidèles, vous le voyez, ils outragent les Esfelles, foulent aux pieds les liens fraternels.
DON PEDRO, à don Arias. — Il a donné la mort h Busto ^ Tabera.
DON ARIAS. — Quelle téméraire audace!
DON sANcna. — Qu'on m'arrête, qu'on m'emmène. Ili > est juste que celui qui a tué périsse. Voyez où peut con-j ; duire le dévouement.
DON PEDRO. — Qu'on Ic iiiènc en prison, h Triana^ : la '» ville commence à s'agiter.
DON SANCHBi — Busto Tabera ! cher ami !...
DOS PEDRO. — Cet homme a perdu la tôte.
donsanchBl — Laissez-moi prendre dans mes bras ce corps glacé que baigne un si noble sang. Je serai son soutien, et lui rendrai un moment la vie que je lui ai ôlée.
\, Faubonrg de Séville, sur la rive droite' du Guadalqnivir, patrie de bohémiens, de bohémiennes et de toreros.
D05 PEDBO. — Il devient fou.
\ D0!« sanchcl — J'ai brisé mon cœur pour obéir à la loi.
C*esl à la fois, monsieur, être roi et ne pas Fetre. Com- "^ prenez-moi, s'il vous plait, ou plutôt n'essayez pas de ^ comprendre, puisque je ne m'explique pas. Je Tai tué; le
cas n'est pas niable, mais je me tais sur le motif : qu un
autre s'explique sur le motif, quand je déclare, moi, que
Je l'ai tué.
(Tous sortent en emportant le cadavre.)