‹ Œuvres dramatiques de Lope de Vega;Chapitre 46 sur 226 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

Mntrent ks deux premiers ALCADES^ accompagnée d* hommes portant \

le cadavre de Busto,

ESTELLE. — Mais, quc vois-je, grands dieux!...

DON PEDRO. — Le malheur et l'infortune sont le lot de l'humanité. Cette vie est une vallée de larmes. Busto Ta- \ bera n'est plus.

4 . Exemple du cultisme où tombe quelquefois Lope de Yega pour satisfaire à la partie distinguée de son auditoire. Ce langage affecté ravissait les aposentoSf ou premières loges.

1 La croyance au pouvoir des pierres précieuses, et même à leur sensibilité, étuit générule au moyen âge. Ainsi la turquoise^ entre autres propriétés, passait pour indiquer la santé de son possesseur, par Taffaiblissement ou l'éclat de sa couleur. De là le prix que Shylock, dans le Marchand de Venue, attribue à son anneau, et le regret que lui cause u perte. Uhyctcinthe possédait des propriétés analogues, et en outre ceUe de préserver de la foudre. — Voy. Reginald Scot, Discov. of Wiichcraft, P«ig. 293-295.

ESTELLE. — 0 fortune ennemie t X DON PEDRO. — Il VOUS Fcsle une consolation : le cruel homicide, Sancho Orliz de las Roelas, est arrêté, et dès demain il en sera fait bonne justice.

ESTELLE. — Hors dici, troupe ennemie! la rage de ^^ Tenfer est dans voire langage. Mon frère est mort, et c'est, dites-vous, Sancho Ortiz qui Ta tué?... Se peut-il qu'on prononce, se peut-il qu'on entende de telles paroles sans mourir! — Et je vis?... Je suis donc un marbre insensible? 0 jour cruel! — Voyez, amis, quelle étoile est ^ la mienne. Ah! si vous avez quelque sentiment de pitié, tuez-moi, tuez-moi.

DON PEDRO. — Sa douleur l'égaré, et il y a de quoi.

ESTELLE. — Malheureuse a été mon étoile! Mon frère est mort, et mort de la main de Sancho Ortiz : trois ânaes réunies en un seul cœur maintenant séparées ! Laissezmoi : je ne me connais plus!...

DON PEDRO. — Le désespoir l'accable.

FABFAN. — Beauté infortunée !

DON PEDRO. — Qu'on la suive...

CLARiNDO. — Madame...

ESTELLE. — Laisse-moi, malheureux! qui me rappelles le fratricide. Puisque tout est fini pour moi, je veux en finir avec la vie. Fatale journée ! Ah ! Teodora, regarde comme a tourné mon étoile !

FIN DE LA DEUXiÈxME JOURNÉE.

TROISIÈME JOURNÉE

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