‹ Œuvres dramatiques de Lope de Vega;Chapitre 8 sur 226 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

lés, des idées et des intentions nouvelles. Le séjour de Valence ne fut donc pas sans importance dans la destinée de Lope de Vega ; il dut avoir une influence considérable tant sur sa vocation que sur le développement de son génie.

Montalvan dit vaguement que Lope passa plusieurs années à Valence, et rien n'empêche de le croire. Il est seulement probable que soù séjour n'y fut pas continu, et qu'il visita successivement divers cantons de l'est et du nord de l'Espagne. Quelques-uns le font voyager en France et même en Italie ; ce qui est certain, selon M. Fauriel, c'est que sa femme Isabelle le ioignit et l'accompagna plus d'une fois dans ses diverses excursions. Les deux époux se donnèrent assez souvent rendezvous dans l'exil, et il y a tout lieu de présumer qu'Isabelle, d'une santé frôle et délicate, eut beaucoup à souffrir de la fatigue de ces déplacements et des mélancoliques impressions qui en remplissaient les intervalles. Elle se trouvait dans une des villes arrosées par la Tormes, dans les États du duc Antonio, lorsqu'elle fut atteinte de la maladie qui l'emporta. Lope, qui selon toute apparence était à Valence en ce moment, n'arriva que pour recevoir ses derniers adieux.

Ce que fit Lope dans les années qui suivirent la mort d'Isabelle, ce qu'il devint, où il séjourna, ce sont choses inconnues. Cherchant peut-être à se fuir lui-même, et rempU de souvenirs déchirants, il finit par aller se jeter dans la formidable expédition que Philippe II préparait contre l'Angleterre. Il y fait allusion dans son beau drame ; le Meilleur Alcade est le roi, et il parait avoir été vivement frappé du spectacle imposant de Timmense flotte, appareillant pour son aventureuse destination, car, plus de trente ans après, il décrivait ainsi la magnificence du départ :

« La mer mugissait, l'écho doublait en les répétant les éclats de la trompette et le fracas des tambours, tandis que la foule tumultueuse allait et venait sur les ponts, comme Tessaim qui prend possession d'une ruche. »

Monté à bord du San-Juariy sur lequel il rencontra avec le grade lïalferez un frère qu'il n'avait pas revu depuis son enfance 1, il composa au milieu des combats et du désastre final

I. Daas UQ engagement partiel avec huit vaiseaax hoUandais, ce frère, atteint par un boulet, expira dans ses bras.

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