ACTE II, SCENE IL
NJÉRIWE.
Je m'en vais vous aider. Là , regardez-moi bien. Bon.
CÉLIMÈNE
Parle franchement , et ne me cache rien.
NÉRINE
Non , non. Depuis un temps je me suis aperçue
Que notre chevalier jette sur vous la vue ,
Qu'il vous dit des douceurs.... Je crois que m'y voilà*
CJ&LIMÈNE.
Si tu ne sais pas mieux deviner que cela , Nous ne pourrons jamais savoir ce que je pense.
NARINE
Excusez, s'il vous plaît, mon peu d'expérience: Je viens de m'essayer dans l'art de deviner , Et dans un coup d'essai l'on peut mal raisonner. Voyons si, cette fois, je serai plus habile. Çà, depuis quand Dorante est-il en cette ville?
céumène.
Eh mais.... depuis trois jours justement.
Justement!
Vous avez remarqué la chose exactement.
célimène.
Eh bien! Nérine?
NARINE
Eh bien!... je n'ai plus rien à dire.
c^limène.
Cela ne suffît pas , achève de m'instruire.
NÉRINE
Ceci commence donc à vous intéresser?
»&i L'IRRÉSOLU.
CÏLIMiVE.
Plus que le chevalier.
utérine.
J'ai lieu de le penser.
CÉLIMÈNE
Poursuis donc.
HÉRINE.
Vous étiez solitaire et tranquille , Nourrissant votre esprit' d'une lecture utile; Maintenant tout cela ne vous divertit plus : Pour vous tranquilliser vos soins sont superflus; Et c'est depuis trois jours, sans en savoir la cause, Que vous sentez en vous cette métamorphose?
CÉLIMÈNE
Il est vrai.
NÉRIKE.
Confrontons bien curieusement Le retour de Dorante, et votre changement; Et si ces deux faits-là forment la même époque , Nous connoîtrons bientôt le mal qui vous suffoque Depuis trois jours Dorante est de retour ici; Votre humeur a changé depuis trois jours aussi ; Donc, ce que je conclus, la belle sérieuse , C'est que, depuis trois jours, vous êtes amoureuse.
CitlMÈJffE.
Crois-tu cela?
NÉRIWE.
Sans doute, et dès hier je vis....
CÉLIMÈNE, en soupirant.
A te dire le vrai, je suis de ton avis.