‹ Œuvres dramatiques de Schiller. Traduction de M. de Barante, précédée d'une notice biographique et littéraire sur SchillerChapitre 116 sur 637 · SCE^E IX · texte numérisé non relu

SCE^E IX

La porte Saint-Thomas et le port , comme au commencement de l'acte.

FIESQUE arrive en toute hâte, CIBO, suite.

FIESQUE

Qui a mis le feu?

ClBO.

Le château vient de se rendre.

FIESQUE

Qui a mis le feu?

ciBO, donnant l'ordre à son détachement. Qu'une patrouille saisisse les coupables.

Quelques hommes se détachent.

FIESQUE, avec colère. Veulent-ils faire de moi un incendiaire? Vite, qu'on apporte des pompes et des seaux. [On y va.) Mais Gianettino est-il donc pris?

CIBO

On le dit.

FIESQUE, impétueusement.

On ne fait que le dire? Qu'est ce qui le dit? Cibo, sur votre honneur, serait-il échappé? ciBO , pensif.

Si je m'en rapporte à mes yeux plutôt qu'au récit d'un de nos seigneurs, Gianettino serait vivant.

FIESQUE, avec emportement.

Il y va de votre tête, Cibo!

ClliO.

Encore une fois, je l'ai vu passer, il n'y a pas cinq minutes, avec son panache jaune et son manteau écarlate.

FIESQUE, hors de lui.

Ciel et enfer ! Cibo, je ferai trancher la tête à Bourgognino. Volez, Cibo! qu'on ferme toutes les portes de la ville ; que toutes les felouque-:

lOC

soient coulées, pour qu'il ne puisse s'échapper par mer... Ce diamant, le plus riche qui soit à Gênes, Lucques, Venise, Pise, celui qui viendra me dire : Gianettino est mort... ce diamant est lui. [Cibo sort précipitamment.] Volez, Cibo.

THÉÂTRE DE SCHILLER

\.\\VVA.\\\'\\

vvvwwwv

SCÈiNE X.

FIESQUE, SACCO, LE MAURE, Soldats.

SACCO

Nous avons trouvé le Maure qui jetait cette mèche allumée dans l'église des Jésuites.

riESQUE.

Je t'ai pardonné ta trahison, parce que c'était moi qu'elle atteignait : l'incendiaire mérite la corde. Allez, et qu'on le pende sur-le-champ à la porte de l'église.

LE MAURE

Fi donc! cela vient mal à propos. Ne pourriezvous pas marchander un peu sur cela?

FIESQUE

Non.

LE MAUUE, d'un ton de confiance.

Envoyez-moi une fois aux galères pour épreuve.

FIESQUE fait signe aux soldats.

A la potence.

LE MAUUE, impudemment.

Je veux me faire chrétien.

FIESQUE

L'Église ne veut pas du rebut de l'idolâtrie.

LE MAUKE, d'un ton caressant.

Envoyez-moi du moins dans l'éternité le ventre plein.

A jeun.

LE MAURE

Mais ne me pendez pas à une église chrétienne.

FIESQUE

Un chevalier n'a que sa parole. Je t'ai promis une potence à toi tout seul.

SACCO, avec humeur.

Pas tant de balivernes, païen; on a autre chose à faire.

LE MAURE

Mais... si par hasard... la corde cassait?

FIESQUE, à Sacco.

On la prendra double.

LE MAUUE, résigné.

A la bonne heure 1 et que le diable s'apprête pour mon arrivée imprévue.

il sort avec des soldats, qui le pendent dans l'éloignement.

Page 1