‹ Œuvres dramatiques de Schiller. Traduction de M. de Barante, précédée d'une notice biographique et littéraire sur SchillerChapitre 148 sur 637 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

FERDINAND, après un long silence durant lequel

ses traits prennent une expression terrible.

Perdu! oui, malheureuse!... oui, je le suis; tu l'es aussi. Oui, grand Dieu ! si je suis perdu, tu es perdue aussi. Juge de l'univers, ne me la redemande pas. Cette fille est à moi. Pour elle, j'avais laissé tout ton univers ; j'avais renoncé à tout le reste de ta magnifique création. Laisse-lamoi, juge de l'univers. Des millions d'âmes soupirent pour toi; tourne de ce côté un regard de miséricorde ; laisse-moi celle-là seule, juge de l'univers ! {Il joint les mains d'une manière convulsive.) Toi, Créateur, qui es si riche, si puisgant, peux-tu m'envier une seule âme, qui même est devenue la plus misérable de ta création ? Celte fille est à moi; j'ai été autrefois son dieu, maintenant je suis son mauvais ange. (Son regard devient fixe.) Une éternité passée avec elle (ur la roue des damnés... mes yeux fixés sur ses yeux.. les cheveux se dressant sur nos tètes... DOS sourds gémi.<!.scmen8 mêlés en un seul soupir, et moi, lui redemandant ma tendresse, et moi, lui répétant ses sermens... Dieu! Dieu! ce serait une union affreuse, mais éternelle.

Il veut sortir, il rencontre le Président.

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