iLi.ER, avec un transport plus vif encore, et dans
sa joie prenant Ferdinand par son habit.
Ah ! monsieur, et ma fille! {Il lâche son habit.)
ET L'A MOU a 1S1
L'argent ne fait pas l'homme... certainement... que je mange des pommes de terre ou des perdrix, quand j'ai dîné, je n'ai plus faim; et cet habit sera toujours bon, tant qu'on ne verra pas le jour par mon coude; des guenilles sont bien bonnes pour moi : mais ma fille, c'est pour elle que vient cette bénédiction ; tout ce qui lui donnera dans l'œil , il faudra qu'elle l'ait tout de suite.
FERDINAND l'interrompt brusquement.
Assez, assez.
MILLER, s'animant de plus en plus.
Et elle apprendra le français à fond... elle dansera les menuets... elle chantera si bien, qu'on en parlera dans la gazette... et elle portera un chapeau comme les filles de conseiller... et une robe à queue, comme ça s'appelle... et l'on parlera de la fille du musicien à quatre lieues à la ronde.
FERDINAND lui prend la main avec une expression terrib le.
Assez, assez. Au nom du ciel, taisez-vous ! taisez-vous seulement pour aujourd'hui; c'est la seule reconnaissance que j'exige de vous.
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LOUISE entre, portant la limonade; les Pué-
CÉDENS.
LOUISE, les yeux rougis de larmes et d'une voix tremblante.
Vous direz si vous ne la trouvez pas assez forte. FERDINAND prend le verre sur l'assiette, s'assied, et se tournant tout-à-coup vers Miller.
Ah ! j'avais presque oublié... Oserai-je vous demander quelque chose, mon cher Miller? Voulezvous me rendre un petit service?
MILLER
Mille pour un ! Que voulez-vous?
FERDINAND
On m'attend pour se mettre à table... et je suis par malheur de si mauvaise humeur, qu'il me serait tout-à-fait impossible de paraître en .société; voudriez-vous aller chez mon père et m'excuser ? LOUISE , effrayée, l'interrompt vivement.
Je puis bien faire cette course.
MILLER
Le dire au... au Président?
FERDINAND
Non pas à lui même. Vous donnerez cette commission à quelqu'un de l'antichambre. Voilà ma montre pour faire voir que vous venez de ma part. Je serai encore ici quand vous reviendrez. — Vous attendrez une réponse.
LOUISE , avec anxiété.
Ne puis-je pas faire tout cela?
FERUi.NAND, à Miller, qui veut partir.
Attendez... encore une chose. Voici une lettre pour mon père, qui m'a été remise toute cachetée... peut-être est-ce quelque affaire prep-
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tante... tous ferez cette coinmission-lù en même ' temps.
HILLBa.
C'est bon.
LOUISE s'attache à lui, et le retient avec une vive angoisse.
Mais, mon père, je pourrais bien faire tout cela.
MILLER
Tu es seule, et la nuit est noire, ma fille.
Il sort FERDINAND.
Kclaire ton père, Louise. ( Pendant qu'elle accompagne son père en tenant la lumière, il s'approche de la table, et verse du poison dans la limonade.) Oui, elle doit mourir... il le faut... les puissances suprêmes me font par leurs signes entendre le terrible oui; la vengeance du ciel souscrit l'arrêt ; son bon ange l'abandonne.
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