‹ Œuvres dramatiques de Schiller. Traduction de M. de Barante, précédée d'une notice biographique et littéraire sur SchillerChapitre 168 sur 637 · DUNOIS , DUCHATEL · texte numérisé non relu

DUNOIS , DUCHATEL

DONOIS.

Non, je ne le supporterai pas plus long-temps. Je vous le répète, je suis quitte envers ce roi qui se laisse ainsi détruire sans gloire. Le cœur me saigne, et je pleure de rage en voyant des brigands se partager avec le glaive le royaume de France , en voyant nos nobles cités, contemporaines de la monarchie, présenter à l'ennemi leurs antiques clefs, pendant qu'au milieu du repos et de l'oisiveté nous laissons passer le temps précieux qui pourrait nous sauver. J'apprends qu'Orléans est menacé, j'accours aussitôt des frontières de la Normandie, pensant que j'allais trouver le roi occupé de préparatifs guerriers à la tête de son armée ; et je le trouve ici entouré de bouffons et de troubadours, cherchant le sens caché d'une énigme, et donnant de galantes fêtes à Agnès ; comme si le royaume jouissait de la plus profonde paix. Le connétable est parti, il n'a pu supporter long-temps ce spectacle révoltant. Je l'abandonne aussi, et le livre à son malheureux sort.

naCHATEL.

Le roi vient.

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