SCÈNE X
LE ROI sort de l'église vêtu de ses ornemens royaux. AGNÈS, L'ARCHEVÊQUE, LE DUC, DUNOIS, LA HIRE, DUCHATEL, Courtisans, Peuple.
LE PEUPLE crie à plusieurs reprises , pendant que le Roi s'avance.
Vive le roi ! vive notre roi Charles VII !
Les trompettes se taisent. Le Roi fait un signe, et les hérauts, le bâton levé, ordonnent le silence.
le roi.
0 mon bon peuple! je suis reconnaissant de votre amour. Cette couronne que Dieu a placée sur ma tête, qui a été conquise et assurée par le glaive, que le sang de mes nobles sujets a arrosée, sera ornée des branches du paisible olivier. Je remercie tous ceux qui ont combattu pour moi; et ceux qui m'ont résisté, je leur pardonne. Dieu a bien voulu me faire grâce, et le premier acte de ma royauté sera de faire grâce.
LE peuple.
Vive le roi ! vive notre bon roi Charles ! le roi.
C'est de Dieu seul, le souverain suprême, que les rois de France tiennent leur couronne ; mais je l'ai reçue de sa main d'une manière plus visible. ( // se retourne vers Jeanne. ) Voyez ici l'envoyée de Dieu : c'est elle qui affermit le roi sur le trône et qui rompt le joug d'une tyrannie étrangère ; son nom doit être révéré à l'égal de Denis, le saint protecteur de la France, et des autels doivent être élevés à sa gloire.
LE peuple.
Vive la Pucelie^. vive notre libératrice!
Les trompettes sonnent.
le roi , à Jeanne.
Si comme nous tu es.de la race humjHne, dis (1 quelle récompense puis-je te faire jouir? Mais ^ ta patrie est là-haut, si les rayons d'une céleste nature sont cachés sous la forme d'une jeune vierge, quitte cette enveloppe qui te rend semblable à nous, laisse-toi voir brillante de lumière, telle que tu te montras dans le ciel; nous t'adorerons, nous nous prosternerons dans la poussière.
Tout le monde se tait ; tous les yeux sont fixés sur Jeanne.
JEANNE s'écrie tout-à-coup.
Dieu ! mon père !
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