LE GENTILHOMME
Un jeune berger demande à parler à votre altesse; il sollicite cette grâce avec instance; il vient, dit-il, de la part de la Pucelle.
DUNOIS
Hâtez-vous, c'est elle qui l'envoie, il vient de sa part. ( Le gentilhomme fait entrer Raymond; Dunois court au-devant de lui. ) Où est-elle ? où est la Pucelle?
RAYMOND
Je vous salue, noble prince ; je suis heureux de trouver près de vous ce pieux évêque, ce saint homme, l'asile des opprimés, le père des malheureux.
DUNOIS
Où est la Pucelle ?
l'archevêque.
Réponds-nous, mon fils.
RAYMOND
Seigneur, eHe n'est point une noire magi-
cicnne. Au nom de Dieu cl de tous les saints, je vous l'alteste. Tous ont été dans l'erreur. Vous avez banni l'innocence, vous avez chassé l'envoyée du Seigneur.
DUNOIS
Ok est-elle? parle.
RAVMOXD.
J'ai été le conipagnon de sa fuilc jusque dans les foréls des Ardcnncs ; c'est là qu'elle m'a révélé le fond de son âme : je veux mourir dans les tortures, je consens à perdre ma part au salut éternel, si elle n'est pas, seigneur, innocente de toute faute. :
DUNOIS. I
Le soleil lui-même n'est pas plus pur dans le ciel. Où est-elle? réponds.
RAYMOND
Ah! puisque le ciel a changé votre cœur, hâtez-vous, délivrez-la; elle est prisonnière chez les Anglais.
DUNOIS
Prisonnière! comment?
l'archevêque.
L'infortunée !
RAYMOND
Dans la forèt où nous allions chercher un asile, elle a été saisie par la reine et livrée aux mains des Anglais. 0 vous qu'elle a sauvés, sauvez-la d'une mort affreuse !
Aux armes ! allons, que le tambour retentisse. Conduisons au combat l'armée tout entière, que toute la France prenne les armes, notre honneur y est engagé. C'est la couronne, c'est le palladium de la France qu'il faut recouvrer. Versons tout notre sang, risquons notre vie ; il faut qu'avant la fln du jour elle soit délivrée.
Ils sortent.
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