‹ Œuvres dramatiques de Schiller. Traduction de M. de Barante, précédée d'une notice biographique et littéraire sur SchillerChapitre 233 sur 637 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

Les PrÉciTdens, UN CAPITAINE accourt précipitamment.

LE CAPITAINE

Hâtez -vous, hâtez -vous, seigneur, de venir disposer l'armée pour le combat. Les Français accourent avec leurs bannières déployées; la vallée tout entière brille de l'éclat de leurs armes. JEANNE , avec chaleur.

Les Français arrivent ! superbes Anglais, aUez, courez sur le champ de bataille; volez au combat, il en est temps.

FALSTOLF

Insensée, suspends ces transports de joie ; ti ne verras pas la un de ce jour.

LA PUCELLE

JEANNE

Je mourrai, mais ma patrie sera victorieuse; (S braves n'ont plus besoin du secours de mon

bras.

LIONEL

Je méprise ces guerriers efféminés. Dans vingt (ombats nous les avons vus fuir épouvantés à notre aspect, avant que cette héroïne combattît pour eux; de tout ce peuple, je ne craignais (jucUe seule, et ils l'ont abandonnée. Viens, Falstolf, nous allons leur faire retrouver une autre fois les journées de Créci et d'Azincourt. Vous, reine, demeurez dans la tour, veillez sur la Pu- ( elle jusqu'à ce que le combat soit achevé. Je vous laisse cinquante chevaliers pour la garder.

FALSTOLF

Eh quoi ! allons-nous courir à la rencontre des eimemis, et laisser derrière nous cette furieuse?

JEANNE

Une femme enchaînée t'effraie?

LIONEL

Jeanne, donnez-moi votre parole de ne point vous échapper.

JEANNE

Mon seul dé^ir est de recouvrer la liberté.

ISABELLE

Attachez-la d'une triple chaîne. J'engage ma vie qu'elle ne fuira pas.

On cliarge de pesantes chaîne? son corps et ses bras.

LIONEL, à Jeanne, Tu le veux ainsi? Tu nous y contrains. Ton sort est encore entre tes mains ; abjure la France, porte la bannière des Anglais, tu seras libre, et ces furieux qui demandent ton sang marcheront sous tes ordres.

FALSTOLF

Allons, allons, mon général.

JEANNE

Epargne de vains discours. Les Français t'attaquent, songe à te défendre.

Les trompettes sonnent. Lionel sort prorapteraent. FALSTOLF.

Reine, vous savez ce que vous avez à faire. Si le sort se déclare contre nous, si vous voyez fuir nos soldats...

ISABELLE , tirant un poignard.

Soyez sans inquiétude; elle ne vivra pas pour voir notre défaite.

FALSTOLF, ù Jeanne.

Tu sais ce qui t'attend. Fais maintenant des rœux pour le succès de ton peuple.

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