SCÈNE VII
f MORTIMER, PAULET.
PAULET
Que t'a dit la reine?
MORTIMER
Rien, sir Paulet, rien d'important.
PAULET le regarde fixement et d'un œil sévèrv.
Ecoute, Morlimer, tu marches sur un chemin dangereux et glissant. La faveur des rois est attrayante, et la jeunesse est avide des honneurs. Ne te laisse point égarer par l'ambition.
Et n'est-ce pas vous-même qui m'avez conduit à la cour?
PAULET
Je regrette de l'avoir fait. Ce n'est pas à la cour que l'honneur de notre maison a été gagné. Sois ferme, Mortimer. N'achète pas la faveur trop cher; écoute la voix de ta conscience.
MORTIMER
Quelle est votre pensée? quel soin vous agite?
PAULET
Quelle que soit la grandeur où la reine a promis de t'élevcr, ne te fie point à ses flatteuses paroles. Quand tu lui auras obéi, elle te désavouera. Elle voudra assurer l'honneur de son nom, et elle vengera le meurtre qu'elle-même aura ordonné.
MORTIMER
Le meurtre, dites-vous !
PAULET
Trêve à toute dissimulation. Je sais ce que la reine a exigé de toi ! Elle espère que ta jeunesse ambitieuse sera plus complaisante que mon inflexible vieillesse. Lui as-tu promis? As-tu...
MORTIMER
Mon oncle...
PAULET
Si tu l'as fait, je te maudis, et rejette de... LEicESTER entre.
Sir Paulet, permettez : j'ai un mot à dire à votre neveu. La reine est favorablement disposée pour lui. Elle veut que la garde de lady Stuart lui soit entièrement confiée; elle se repose sur sa fidélité.
PAULET
Elle s'y repose?... bien.
LEICESTER
Que dites-vous, chevalier Paulet?
PAUIET.
La reine s'en repose sur lui; et moi, mylord, je m'en repose sur moi-même, et j'ai les yeux ouverts.
Il sort.
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