MF.I.VII
Ainsi vous moiilcz sur l'èchafaud assurée de voire innocence?
MARIE
Dieu me fait la grâce d'expier, par un trépas non mérité, les sanglantes fautes de ma jeunesse. WP.I.VII. la bénit.
Aller, et que la mort vous serve d'expiation. Victime obéissante, marchez à l'autel. La peine du sang effare le crime du sang. Vous ne fûtes coupable que par une fragilité de femme, et les esprits bienheureux se dépouillent dans leur gloire de toutes les faiblesses de l'humanité. Je vous annonce donc, en vertu du pouvorr qui m'a été donné de li^r et de délier, la rémission de tous vos péchés. Allez, et qu'il vous soit fait ainsi que vous avez cru. ( // prend le calice qui est sur la table, le consacre, et l'adore en silence, puis le présente à la reine. Elle hésite à le prendre, et le repousse de la main.) Prenez ce sang qui a été répandu pour vous, prenez-le, le pape vous accorde cette faveur. Vous pouvez en mourant jouir de ce sublime privilège et des rois cl des pontifes. ( Elle prend le calice. ) Et de même qu'au milieu des terrestres douleurs vous vous êtes mystérieusement unie avec votre Dieu, de même dans son royaume de félicité, où l'on ne voit plus ni larmes ni péchés, vous serez comme un angcde lumière unie jiour toujours à la Divinité. ( Il pose le calice. On entend du bruit; il couvre ta tête, et va vers la porte. Marie demeure à genoux dans un saint recueillement. ) 11 vous reste encore un rude combat à soutenir. Vous scntCT-vous assez forte pour triompher de tout sentiment de haine et d'amertume?
MARIE
Je ne crains plus de rechute : j'ai immolé à Dieu ma haine cl mon amour.
MFI.VIL.
Apprêtez-vous donc à recevoir les lords Leicester et Burleigh ; ils sont ici.
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