PREMIER DRAGON
Ce régiment-là a des privilèges ; il marche le premier dans toutes les affaires : il a sa justice, et Frie"dland a pour lui une affection particulière.
PREMIER CUIRASSIER , à l'autre.
Est-ce sûr? d'où vient la nouvelle?
SECOND CUIR.iSSIER.
Je l'ai entendu de la propre bouche du colonel.
PREMIER CUIRASSIER
Par tous les diables, nous ne sommes pas leurs chiens !
PREMIER CHASSEUR.'
Qu'ont-ils donc-là? ils ont l'air tout en colère.
SECOND CHASSEUR
Camarade, est-ce quelque chose qui puisse nous concerner?
PREMIER CUIRASSIER
Ça ne doit réjouir personne. (Les Soldats s'avancent.) Ils veuknt nous envoyer dans les Pays- Bas, les cuirassiers, les chasseurs, la cavalerie légère; J! faut que nous montions à cheval au nombre de huit mille.
LA CANTINIÈRE
Comment ! comment ! il faut se remettr*; en route, et je ne suis arrivée qu hier de la Flandre.
SECON'i) cuiUASSiER , oux Drafjons.
Vous autres, du régiment de Buttlcr, il faudra marcher aussi.
PREMIER CUIR.VSSIER.
Et particulièrement nous autres Wallons.
LA ÇANTlNlÈRE.
Eh! ce sont tous les meilleurs escadronsl
PREMIER CUIRASSIER
Nous devons y accompagner le gouverneur de Milan.
PREMIER CHASSEUR
L'infant 1 Ah ! celui-là est curieux !
SECOND CHASSEUR
Ce prêtre ! le diable est ma foi déchaîné !
PREMIER CUIRASSIER
II nous faudrait quitter Friedland, qui traite si noblement le soldat, pour tenir la campagne avec ceîadre d'Espagnol, que nous haïssons de tout notre cœur ! Non, ça ne se passera pas comme ça ; nous décamperons.
LE TROMPETTE
Et par ma foi, qu'avons-nous affaire là? Nous avons vendu notre sang à rempercur, et non pas à ce chapeau rouge d'Espagnol.
SECOND CHASSEUR
C'est sur la parole et la foi de Friedland seul que j'ai pris service dans la cavalerie. Si ce n'avait pas été pour l'amour de Wallenstein, Ferdinand ne nous aurait jamais eus.