‹ Œuvres dramatiques de Schiller. Traduction de M. de Barante, précédée d'une notice biographique et littéraire sur SchillerChapitre 38 sur 637 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

.l'ai principalement puisé l'histoire de cette conjuration dans la Conjuration du comte Jean-Louis de Fiesque, par le ■aJinal de Retz, dans V Histoire des Conjurations, dansï Histoire de Gènes, et dans la troisième partie de l'Histoire de t harles-Quint, par Robertson. La liberté avec laquelle je me suis permis de traiter ces données trouvera grâce devant le dramaturge de Hambourg *, si je réussis; si j'échoue , il vaut bien mieux avoir fait un mauvais usage de mon imagination que des faits. La catastrophe véritable de ce complot, où un accident malheureux renversa tout au moment où le comte venait d'atteindre le but de ses projets , a dû être changée. La nature du drame ne comporte point l'action du ' isard , ou pour parler autrement , l'intervention immédiate de la Providence. .le m'étonnerais fort qu'aucun poète tra-

lue n'ait encore traité ce sujet, si je n'en trouvais un motif suffisant dans ce dénouement anti-dramatique. Les esprits . U vés savent démêler les fils les plus déliés d'un événement à travers toute la trame de l'ensemble des choses , et les rattachent peut-être aux limites les plus reculées de l'avenir et de la destinée, tandis que le commun des hommes ne sait voir là qu'un fait isolé au milieu du libre espace de l'univers. Mais l'artiste travaille pour la vue restreinte des hommes f|u'il veut instruire, et non pas pour la toute-puissance clairvoyante qu'il cherche à connaître.

Dans mes Brigands, je me suis proposé de présenter la victime d'une sensibilité excessive; ici, au contraire, je veux montrer la victime de l'art et de l'intrigue. Mais, quelque remarquable qu'ait été dans l'histoire le malheureux projet (le Fiesque, il n'en est pas moins difficile de lui faire produire un effet semblable sur le théâtre. Comme le sentiment

ul peut émouvoir le sentiment, il me semble que le héros politique ne peut pas sur la scène renoncer à l'humanité ,

liant qu'il y est obligé dans le monde pour être un héros politique. 11 n'a donc pas dépendu de moi d'animer mon sujet de cette vie brûlante qui règne dans les sujets de pure imagination. Mais tirer du cœur hureiain les froides et stériles combinaisons de la politique , et parvenir par là à intéresser le cœur humain ; mais entrelacer l'homme dans toutes les ruses de cette science , et emprunter les artifices de l'intrigue des situations qui touchent l'humanité , telle a dû être ma tâche. Placé dans la société bourgeoise, j'ai dû mieux connaître les mystères du cœur que ceux des cabinets, et peut-être celte infériorité dans la politique est-elle une supériorité dans la poésie.

Lfvin".

PERSONNAGES

ANDRÉ DORIA, doge de Gênes. — Respectable vieillard de quatre-vlngls ans. Des restes de ch.ilcur; un de ses traits caraclérisliquos, c'est un langage grave, Incf et Impérieux.

GIANETTINO DORIA, son neveu, prétendant. — Homme de vingt six ans. Rude et repoussant dans son langage, sa démarche et ses manières. Fierté grossière : l'cxlcricur d'un homme blasé. (Les deux Doria sont vêtus (rccarlalc.)

FIESQUE, comte de Lavagna, chef de la conjuration. — Jeune, svelte, brillant do beauté : âgé de vingt-trois ans; fier avec grftce, familier avec majesté. Des manières de cour et un ton de persiflage. (Tous les nobles sont vêtus de noir; leur habillement ressemble à l'ancien costume allemand.)

VERRINA , conjuré républicain. — Homme de soixante ans. Sérieux, sombre et intraitable : une physionomie profonde.

POURGOGMNO, conjuré. — Jeune homme de vingt ans. Niihlo d agreaoïc. Fier, emporte et naturel.

CALCA6N0, conjure. — Voluptueux « ose. Trente ans. Physionomie agréable et audacieuse.

SACCO , conjuré. — Homme de quarante-cinq ans. Personnage ordinaire.

CENTURIONE, j

CIBO, > mécontCDS.

ASESRATO , )

La scène est à Gênes ,

PERSONNAGES

LOMELLINO, confident de Gianellino. — L'âme desséchée d'un courtisan.

ROMANO , peintre. — Iudé|iendant, simide cl fier.

MULET HASSAN , Maure de Tunis. — Tous les traits de sa race; physionomie qui présente un mélange original d'esprit et de friponnerie.

UN OFFICIER ALLEMAND de la garde du Doge. — L'air simple et honorable : de la bravoure et de la fermeté.

TROIS CITOYENS séditieux.

LÉONORE , femme de Fiesque. — Femme de dix-huit ans, pSkC et délicate. Une sensibilité exquise: beaucoup de charmes, mais rien d'élilouissant. Physionomie mélancolique et exaltée. — Elle est velue de noir.

LA COMTESSE JULIE IMPiÎRIALI, veuve, sœur de Doria. — Femme de vingt-cinq ans. Grande et quelque embonpoint Orgueilleuse et coquelle. De la beauté dont l'elfet est diminua par la bizarrerie; plus éblouissante qu'agréable; la physionomie maligne et moqueuse. — Elle est vêtue de noir.

^ERTHE, fille de Verrina. — Jeune personne innocente.

ROSE, -, , ^

; femmes de Lconore.

ARABELLE , f

Des Nobles, des Bourgeois, «es Soldats allemands, des Serviteurs, des Voleurs.

en l'année 1547.

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