SCÈNE IL
BUTTLER, les capitaines DEVEROUX et MAC- DONALD.
MACDONALD
Nous voici, mon général.
DEVEROUX
Quel est le mot de ralliement?
BUTTLER
Vive l'empereur !
TOUS DEUX , reculant de surprise.
Comment?
BUtTLER.
Vive la maison d'Autriche !
DEVEROUX
N'est-ce pas à Friedland que nous avons juré fidélité?
MACDONALD
Ne nous sommes-nous pas engagés à le secourir ?
BUTTLER
Nous, engagés à secourir un traître, un ennemi de l'État ?
DEVEROUX
Mais vous nous avez prescrit le devoir de le servir.
MACDONALD
Et vous l'avez suivi à Égra.
La mort î)e wallenstéin
BUTTLKR.
Je l'ai fait ainsi pour le perdre plus sûrement.
DEVEROUX
.Ah!
MACDONALD
C'est autre chose.
BUTTLER , à Deveroux.
Misérable, est-ce ainsi que tu désertes tes drapeaux et ton devoir?
DEVEROUX
Par tous les diables, général, je suis votre exemple; et si vous êtes un traître, je pense que je puis bien l'être aussi.
MACDONALD
Nous n'avons pas à y regarder après vous , c'est votre affaire. Vous êtes le général, vous commandez, nous vous suivons, quand ce serait dans l'enfer.
BUTTLER, d'un ton plus doux.
Bien, bien; nous nous connaissons les uns les iautres.
MACDONALD
Oui , je le pense.
DEVEROUX
Nous sommes soldats de la fortune, et nous sommes pour celui qui est le plus fort.
MACDONALD
Oui, comme il le dit.
BUTTLER
Et ce que vous avez à faire maintenant, c'est de continuer à être de braves soldats.
DEVEROUX
C'est notre intention.
BUTTLER
Et il faut faire fortune.
MACDONALD
C'est encore mieux.
BUTTLER
Écoutez-moi.