‹ Œuvres dramatiques de Schiller. Traduction de M. de Barante, précédée d'une notice biographique et littéraire sur SchillerChapitre 429 sur 637 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

BUTTLER, les capitaines DEVEROUX et MAC- DONALD.

MACDONALD

Nous voici, mon général.

DEVEROUX

Quel est le mot de ralliement?

BUTTLER

Vive l'empereur !

TOUS DEUX , reculant de surprise.

Comment?

BUtTLER.

Vive la maison d'Autriche !

DEVEROUX

N'est-ce pas à Friedland que nous avons juré fidélité?

MACDONALD

Ne nous sommes-nous pas engagés à le secourir ?

BUTTLER

Nous, engagés à secourir un traître, un ennemi de l'État ?

DEVEROUX

Mais vous nous avez prescrit le devoir de le servir.

MACDONALD

Et vous l'avez suivi à Égra.

La mort î)e wallenstéin

BUTTLKR.

Je l'ai fait ainsi pour le perdre plus sûrement.

DEVEROUX

.Ah!

MACDONALD

C'est autre chose.

BUTTLER , à Deveroux.

Misérable, est-ce ainsi que tu désertes tes drapeaux et ton devoir?

DEVEROUX

Par tous les diables, général, je suis votre exemple; et si vous êtes un traître, je pense que je puis bien l'être aussi.

MACDONALD

Nous n'avons pas à y regarder après vous , c'est votre affaire. Vous êtes le général, vous commandez, nous vous suivons, quand ce serait dans l'enfer.

BUTTLER, d'un ton plus doux.

Bien, bien; nous nous connaissons les uns les iautres.

MACDONALD

Oui , je le pense.

DEVEROUX

Nous sommes soldats de la fortune, et nous sommes pour celui qui est le plus fort.

MACDONALD

Oui, comme il le dit.

BUTTLER

Et ce que vous avez à faire maintenant, c'est de continuer à être de braves soldats.

DEVEROUX

C'est notre intention.

BUTTLER

Et il faut faire fortune.

MACDONALD

C'est encore mieux.

BUTTLER

Écoutez-moi.

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