SCÈNE PREMIERE
La chambre à coucher du roi. Deux flambeaux brûlent sur une table au fond de l'appartement ; plusieurs Pages sont endormis par terre; le roi, à demi babillé, est assis devant la table, le coude appuyé sur le bras du fauteuil et dans une attitude pensive ; devant lui on voit un médaillon et quelques papiers.
LE ROI
Qu'elle ait été d'ailleurs fort exaltée, qui pourrait le nier? Jamais je n'ai pu lui inspirer d'amour... et cependant semblait-t elle en sentir le besoin?... Cela est prouvé, elle est fausse. ( // fait un mouvement qui le rappelle à lui, et semble ému de surprise.) Où étai>-je? personne ne veille donc ici que le roi? Ces flambeaux finissent déjà; et cependant il n'est jias jour encore. C'est une nuit sans sommeil; il faut que tu t'en contentes, nature : les rois n'ont pas le temps de réparer leurs nuits perdues. Maintenant me voici réveillé et il fait jour. ( Il éteint les (lambeaux et ouvre lesrideaux dxine fenêtre; il se promène çà et là, remarque les Pages endormis, et reste un moment en silence à les regarder, puis il tire une sonnette. ) Dormirait-on aussi dans le salon ?
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