DON CÉSAR, LE CHOEUR
DON ciésAR, avec une contenance plus assurée. Je viens ici, pour la dernière fois, user du droit de commander. Ces restes précieux seront portés au tombeau, car c'est là le dernier domaine de ceux qui ne sont plus, l^coutez mes tristes volontés, et conformez-vous exactement à ce que je vous aurai ordonné. Vous avez le souvenir encore récent du triste devoir dont vous vous êtes acquittés, il n'y a pas long-temps, lorsque vous avez accompagné au tombeau le corps de votre prince. Le glas de la mort retentit encore dans ces murs, et un cadavre suivra de si près un autre cadavre dans le caveau, que les (lambeaux funéraires pourront s'allumer aux autres flambeaux funéraires, que les deux cortèges lugubres pourront se rencontrer sur les marches souterraines. Ordonnez une solennité funèbre dans l'église de ce palais, qui renferme la cendre de mon père ; qu'on tienne les portes fermées, et que tout se fasse, mais en silence, comme cela a été déjà fait.
LE CHOEUR
Les préparatifs seront promptement achevés, seigneur; car le catafalque, reste de celte triste cérémonie, est encore debout : aucune main n'avait touchée à cet appareil funèbre.
DON ClêsAR.
Ce n'était pas un heureux signe que l'entrée du sépulcre demeurât ouverte dans la demeure des vivans. lit d'où vient que cette lugubre décoration n'avait pas disparu après que la solennité eut été achevée?
LK eiIOKUR.
Le malheur des temps, et la déplorable discorde qui bientôt après éclata, et divisa Messine en deux factions ennemies , détourna nos yeux de dessus le prince mort . et ce sanctuaire demeura abandonné et fermé.
Ainsi, occupez-vous sans retard de ces soins. Encore cette nuit, et l'œuvre lugubre sera accomplie. Le prochain soleil trouvera cette maison purgée de toute adversité, et éclairera une race plus heureuse.
Le second chœur s'éloigne en emportant le corps de don Manuel.