‹ Œuvres dramatiques de Schiller. Traduction de M. de Barante, précédée d'une notice biographique et littéraire sur SchillerChapitre 588 sur 637 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Une place publique d'Altdorf. Sur une liauteur, au fond de la scène, on voit s'élever un fort; la construction est déjà assez avancée pour qu'on distingue la forme du bâtiment ; la partie la plus reculée est terminée ; sur le devant, des échafauds sont dressés; des ouvriers sont sur l'échafaud , et au-dessous , un couvreur est suspendu sur un toit ; tout est en mouvement pour le travail.

LE PIQUKUR de corvée; LE MAITRE TAIL- LEUR DE PIERRES, DES COMPAGNONS, DES MANOEUVRES.

LE piQUEOR , avec soTi bdton, menace les ouvriers et les excite. Allons, pas de repos ; vite, apportez les pierres,

la chaux, le mortier. Quand monseigneur le gouverneur viendra , il faut qu'il trouve l'ouvrage avancé. Vous allez comme des tortues. ( A deux ouvriers qui portent quelque chose. ) Vous appelez cela être chargé! il fallait en mettre le double : chacun voudrait voler sa tâche.

PHEMIEK COMPAGNON.

Il est bien dur de transporter nous-mômcs les pierres de notre prison.

LE PIQUEUR

Que murmurez-vous? C'est un mauvais peuple qui n'est bon qu'a traire les vaches et à promener sa paresse sur les montagnes.

UN VIEILLARD, s'asseyant.

Je n'en puis plus.

LE PIQUEUR , le secouant.

Allons, bonhomme, à l'ouvrage.

PREMIER COMPAGNON

Vous n'avez donc pas d'entrailles, de forcer ainsi à un travail si dur ce pauvre vieillard qui peut à peine se traîner.

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